Archives pour la catégorie Sécurité

Happy Monday: L’art au secours de l’air

Peter MacDiarmid for Somerset House

C’est à Londres. A l’occasion du Earth Day, l’artiste Michael Pinsky a installé ces dômes géodésiques au cœur de la cité, pour permettre aux Londoniens de respirer l’air de 5 grandes villes: New Delhi, Beijing, Sao Paulo … & London et de les comparer à l’air pastoral de l’île norvégienne de Tautra, avec son parfum presque beurrée d’herbe coupée.

C’est CityLab qui relate cette intervention artistique résolument politique. Ils décrivent fort bien les impressions des visiteurs à l’intérieur de chacune des capsules, qui simulent parfaitement les caractéristiques et la température de l’air de ces mégapoles, sans toutefois injecter de substances nocives. Une prouesse de la société danoise d’épuration d’air Airlabs.

Surprise: quand les Londoniens pénètrent dans le London dome, ils ne remarquent quasiment rien. La force de l’habitude. Et pourtant CityLab d’écrire : The result is still unsettling: We know that in places London have dangerously high levels of toxic nitrogen oxide (NOx) and nitrogen dioxide (NO2), which reaches such saturations in some places that some streets commonly reach their maximum safe levels for the entire year within the first week of January. The U.K. government itself estimated in 2015 that nitrogen oxides contributed to the premature deaths of up to 23,500 people annually.

>>>  commentaires: merci pour vos commentaires et vos conseils à propos de la difficulté de publier des commentaires sur ce blog. Nous sommes à la recherche d’une alternative.

Publicités

La liberté de la presse ensanglantée

________________________________

C’est aux Etats Unis. Comme Charlie Hebdo, le  journal local Capital  Gazette d’Annapolis a connu fin juin la pire attaque contre la presse libre de son pays. CityLab évoque Rob Hiaasen, qui y a perdu la vie parmi quatre de ses collègues journalistes. Il écrivait des billets à propos des gens ordinaires, si beaux, si banals ou répréhensibles qu’ils fussent. Ils valaient toute la rigueur, la poésie et le professionnalisme qu’il mettait à rédiger ses textes et ils valaient largement les nombreux boring-ass city council meetings. Il vient de payer le prix de ses services.

CityLab relève qu’il donnait même la parole à une voisine sur un banc ou à un chat disparu. Il s’intéressait aux histoires tristes ou drôles des un-famous people. Cruelle ironie du sort, l’homme de 38 ans qui l’a abattu est le type même de personnage auquel il aurait pu consacrer une chronique. Il l’aurait fait avec grande empathie et curiosité.

Il n’y a pas de petite et grande presse. Il n’y a pas de là-bas et ici. Cette attaque n’est pas seulement dirigée contre un journal communautaire que le meurtrier haïssait, mais finalement dirigée contre le journalisme et la liberté de la presse en général. Une profession que le président des US se plaît à qualifier de enemy of the people.” Au cours de la cérémonie d’hommage, le maire de la ville a contesté vivement cette affirmation, pour lui, en ces temps polarisés:  “They’re not left or right. They’re us.”

Garder intacte sa capacité d’indignation


On nous donne à voir des enfants, des femmes, des vieillards, des hommes, rassemblés dans des cars et puis déversés comme des déchets en plein désert, sans réserves d’eau et de nourriture. Citoyens d’une ville, qui est aussi la capitale de l’Europe, pouvons-nous ne pas nous indigner devant le drame qui se déroule dans le désert algérien ? Pro ou anti Francken, les Bruxellois peuvent-ils faire autre chose que de condamner unanimement ce qui s’avère encore plus redoutable que le bannissement du Moyen Age ?

Devant l’horreur de l’innommable, il ne nous reste que les droits fondamentaux, l’ultime perche à laquelle nous raccrocher. La Ligue des Droits de l’Homme les rappelle fort heureusement. « Ces droits fondamentaux n’ont pas vocation à changer le monde, mais à garantir à chaque personne le respect de certaines prérogatives minimales liées à sa liberté et à sa subsistance. Ils reposent sur l’idée que nous sommes des êtres humains, pas des animaux ou des pierres. Quels que soient nos vices et nos qualités personnelles, nos capacités, notre niveau d’éducation et de richesse, ces droits sont censés nous être dus. C’est la raison pour laquelle la promotion des droits fondamentaux semble indissociable de la lutte contre les exclusions ».

Le respect des droits fondamentaux ne règle pas tout. « Il est a priori compatible avec le maintien des inégalités, il se borne à assurer à chacun le respect d’une série de prérogatives fondamentales. Il n’a pas pour objectif d’assurer le bien-être de tous. Le respect du pluralisme politique et social constitue justement une de ces prérogatives fondamentales. Cela signifie qu’une société respectueuse des droits fondamentaux verra forcément subsister des désaccords sur ce qu’est une société juste, sur la nécessité de promouvoir ou non davantage d’égalité réelle entre les individus, ou sur la manière de contribuer pratiquement à une société plus égalitaire.

Si vous trouvez le temps, vous pourriez lire la suite en pages 5 à 7 de l’article  » Aux marges des Droits  » de John Pitseys du CRISP dans la Chronique de la Ligue des Droits de l’Homme.

 

L’intelligence de la N-VA

______________________________________________

Je ne diabolise jamais la N-VA, qui reste un parti démocratique et un rempart contre le Vlaams Belang. Si on l’attend toujours avec une position claire de ses candidats bruxellois pour l’avenir de Bruxelles, l’intelligence de la N-VA est d’avoir plusieurs figures. On peut parler avec Jan Jambon (N-VA, vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur), on se dit que c’est un type respectable, mais quand on entend Theo Francken (N-VA, secrétaire d’État à l’Asile et la Migration, on est clairement à l’extrême droite. Sa mission est d’aller chercher les voix de l’extrême droite, de siphonner les voix du Vlaams Belang

On peut se poser la question de savoir si ce ne sont pas des provocations délibérées. On envoie Francken au feu avec comme objectif de tester jusqu’où on peut aller au niveau du gouvernement et faire un tabac dans les sondages. Ce que Francken fait, c’est monter les gens les uns contre les autres. Il surfe sur la peur du déclassement social. Vous avez cette classe moyenne à laquelle on s’adresse pour faire basculer les choses, qui a tellement peur de tomber dans le déclassement social, de devenir pauvre, qu’elle se fait le porte-parole de ces politiques en stigmatisant les plus faibles qu’eux.

C’est le côté cynique, machiavélique, pervers du système. On ne contribue pas à la cohésion sociale en agissant ainsi. Il n’y a pas de happy end au populisme. (ndlr faut bien que je vous dise que ne sais plus où j’ai trouvé ces phrases en italiques, mes excuses pour leur auteur).

150 Bruxellois attaquent l’Etat et l’aéroport

____________________________________________

Le ministre Bellot (MR) n’a pas fait grand chose pour répondre aux exigences du tribunal concernant les survols abusifs de quartiers densément peuplés de Bruxelles. Il tergiverse, commande des études, mais ne décide rien. Sans doute veut-il gagner du temps pour éviter que le gouvernement tombe sur cette problématique qui s’éternise et divise les Régions.

Alors qu’il se verrait bien ministre président de la Région de Bruxelles, Didier Reynders  – MR comme lui – et vice-Premier au fédéral, n’a jamais rien fait pour mettre le dossier du survol de Bruxelles à l’agenda du conseil des ministres.  Les électeurs bruxellois s’en souviendront sans doute au printemps 2019.

Lassés par l’inaction de l’Etat – alors que des solutions existent – 150 victimes des survols, soutenues par de nombreux comités de quartier, ont pris l’initiative d’une « class action » inédite pour aller au pénal contre l’État, l’aéroport et Belgocontrol. Voici leur communiqué,  repris notamment par  Le Soir.

Et vous, si vous êtes aussi perturbés par le survol de votre habitation ou de votre lieu de travail, vous pouvez vous adresser au service de médiation  qui tient des statistiques des plaintes et publie un rapport annuel. Ou envoyer une plainte directement à cette adresse < juan.torck@mobilit.fgov.be>. C’est évidemment là où l’on se plaint le moins que les avions sont envoyés …