Archives pour la catégorie Mobilité

Yvan Vandenbergh

juin 21, 2018

©EPA

Les particules fines, c’est comme l’amiante: un tueur silencieux. Tous ne mouraient pas, mais tous étaient frappés. Selon l’Organisation mondiale de la santé, plus de 90% de la population mondiale respire un air ambiant pollué. L’OMS estime que la pollution est responsable de sept millions de morts chaque année. L’Echo consacre un dossier très documenté sur la pollution de l’air … y compris par le bois de chauffage. En voilà l’introduction: La Belgique, cancre de la lutte contre les particules fines.

Pourquoi je reviens à nouveau avec cette mauvaise nouvelle pour le futur de la ville ? Parce qu’un rapport publié par la Commission européenne vient de montrer que notre pays est la lanterne rouge de l’Union en matière de législation contre les particules fines. La Belgique doit faire baisser ses émissions de particules fines de 39% en 2030. Selon le rapport d’étape que publie la Commission sur les « premières perspectives en matière d’air pur », notre pays est de très loin le seul où une action déterminante reste toujours à prendre.

Comment est-ce possible pour un pays développé ? Ce n’est pas l’argent qui manque, mais alors pourquoi sommes-nous ainsi à la traîne ? Je ne vois que deux explications : un manque de volonté politique à la veille de plusieurs élections et une action performante des lobbies de l’automobile, du pétrole et autres pollueurs patentés. Puis-je y ajouter une lassitude de la presse ? qui craint sans doute de fatiguer ses lecteurs en parlant de ce tueur silencieux dont les morts n’ont pas de visages, contrairement à ceux des attentats. Ni discours, ni monuments, ni anniversaires. Juste un silence complice. Reste à vous boucher le nez … mais pas trop longtemps.

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©AFP

 

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L’imMobilité à nos portes

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La Libre de samedi annonce un 7 sur10 pour le gouvernement Michel de la part du patronat, mais avec des mais: pas assez de réduction des contributions patronales et surtout un déficit en matière de Mobilité.

« Les grandes villes comme Anvers et Bruxelles sont parmi les plus embouteillées d’Europe et l’offre de transports en commun, de parkings alternatifs, bref, de solutions durables pour le moins réduites. De grandes sociétés ont décidé de ne pas investir en Belgique en raison d’une politique de Mobilité déficitaire. Le ministre Bellot l’a récemment reconnu. »

Dans le même temps, L’Echo titre:  “Taxation des voitures de société: le gouvernement rassure”. Rassure qui ? La Fédération de l’Automobile (Febiac), qui se réjouit du report (au moins après les élections …) d’une fiscalité plus lourde pour les véhicules de société.
ll semble ne se trouver personne pour confronter les deux articles. La fluidité du trafic ne se retrouvera pas grâce à de nouvelles routes, tunnels ou même lignes de métro, mais plutôt grâce à la diminution du nombre de trajets en voiture individuelle et en parkings gratuits, en particulier pour les voitures dites « de société » aux privilèges d’un autre temps. BXI donne la parole aux Verts, mais à la veille de plusieurs élections, le courage politique nécessaire pour désengorger Bruxelles et préserver la santé des Bruxellois manque, et particulièrement du côté du fédéral.

A’dam veut rendre la ville à ses habitants

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La nouvelle majorité qui gouverne la ville n’y va pas par quatre chemins: elle veut rendre la ville aux habitants et remettre la voiture et les touristes à leur place.

Fini l’ouverture de nouveaux commerces de souvenirs, de snacks et de tout autre commerce destinés prioritairement aux touristes. La ville veut des commerces de proximité pour les habitants et des commerces spécialisés.

Les voitures occupent trop de place dans la ville. La majorité municipale veut plus de place pour les habitants et plus de verdure. Il sera interdit de construire de nouveaux parkings. Pour les visiteurs le prix max. du parking passe de 5 à 7,50 € l’heure. Les grands axes sont coupés pour éviter le transit par le centre. De nouvelles connections métros et bus vont être créées. Inutile de dire que – là comme ailleurs – les réactions sont partagées. Bruzz en Gazet van Antwerpen en disent plus.

Pourquoi notre réseau ferré patine ?

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Pierre Laconte est le rapporteur d’un colloque qui a comparé le réseau ferré de Zurich et celui de Bruxelles. Il y a aussi consacré un livre. Le réseau exemplaire de Zurich et de sa région présente une grande cohérence politique entre aménagement du territoire et transport, entre desserte de la ville et desserte de la périphérie, et entre modes de transport. Par contre, le réseau bruxellois est confronté à une multiplicité de décideurs (19 communes, région de Bruxelles-Capitale et régions flamande et wallonne, gouvernement central et SNCB) et de politiques fluctuant en fonction des majorités. Le projet de réseau express régional à gestion regroupant les acteurs n’a pas été mis en œuvre.

Finalement, l’accessibilité générale de Bruxelles reste essentiellement due à l’acquis de réalisations historiques : l’interconnexion entre les gares du Nord et du Midi et la création de la gare centrale en 1952, la liaison de ces gares avec l’aéroport depuis 1958 et entre le quartier européen et l’aéroport à partir de 2016. Alors que les nombreuses gares du territoire bruxellois et de sa périphérie pourraient constituer un sorte de deuxième réseau métro à disposition des Bruxellois et des navetteurs, on ne voit pas ces infrastructures afficher clairement l’ambition de participer à l’offre de transports en commun de Bruxelles et de devenir une alternative crédible à la voiture individuelle.

N’est-ce pas là, que l’on est contraint de constater les conséquences néfastes de la situation institutionnelle de la Région de Bruxelles ? Pour ceux qui en doutent encore, une nouvelle réforme de l’Etat ne s’impose-t-elle pas pour sortir de cet imbroglio et permettre à la capitale de l’Europe de faire aussi bien que Zurich ?

Le diesel nous divise ?

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Je m’attendais à des commentaires divergents, suite à la publication du billet à propos des méfaits du diesel. Je comprends la réaction des automobilistes qui –  en toute bonne foi – ont acheté un véhicule diesel, suite aux incitants mis en place par le gouvernent fédéral, et qui se verront progressivement empêchés de l’utiliser en ville. C’est absolument injuste. Ne serait-il pas normal que le fédéral compense le préjudice dont il porte la responsabilité ?

Ceci étant dit, et avec ce que nous savons aujourd’hui de la nocivité de ce carburant, est-il admissible qu’il faille encore attendre de nombreuses années avant de le voir banni de la ville ?  Avec l’amiante aussi, des personnes ont continué à mourir pendant les tergiversations multiples de gouvernements, pourtant en. charge de la santé publique.

Non, les opposants à la poursuite de l’usage du diesel ne se limitent pas aux  » bien pensants, aux bobos ou aux fondamentalistes verts «  qui se sont exprimés. Nous sommes tous contraints de respirer un air trop pollué et sommes aussi contraints de l’imposer aux jeunes enfants qui protestent  devant les écoles. Non assistance à personne en danger. Le ministre du budget Guy Vanhengel vient de recevoir le rapport des experts, que La Libre a pu consulter ICI et qui pourrait mener à des taxes de circulation annuelles et de mise en circulation, six fois plus élevées pour le diesel que pour l’essence à Bruxelles.