Archives pour la catégorie Logement

Le revenu cadastral, une autre vache sacrée

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Suite à l’article de L’Echo, plutôt centré sur la situation wallonne, je me hasarde dans un domaine que je ne maîtrise pas très bien. Face au silence, il faut bien que quelqu’un aille au feu.

C’est le fédéral qui détermine le revenu cadastral d’un immeuble, notamment en fonction de sa localisation, de son niveau d’équipement et de confort. La dernière remise à niveau générale des revenus cadastraux du pays date de … 1975. C’est dire si le parc immobilier de Bruxelles a bien changé depuis et la base d’imposition inadaptée et injuste, malgré une indexation qui a débuté en 1991 pour pallier cette carence.

C’est important pour Bruxelles, parce que l’Etat fédéral ristourne une (petite) partie de ces revenus à la Région et une plus importante à nos communes. C’est dire si une péréquation cadastrale serait à la fois juste et productrice de moyens dont la Région et les communes sont en demande pour répondre à de nouvelles attentes citoyennes.

Depuis 1975, il n’en a donc plus été question. Matériellement c’est compliqué et donc cher à mettre en œuvre sur le terrain. Politiquement, c’est très sensible dans un pays où  plus de trois habitants sur quatre sont propriétaires. Bref, à la veille des élections fédérales personne n’a envie de s’y coller. C’est un peu comme pour les voitures de société. Cinq minutes de courage politique ?

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Démolir pour construire

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En ville, pour construire il faut démolir. Se pose la question de savoir ce qu’il faut conserver et ce qui peut être détruit. Hier soir, à la Tour Philips à De Brouckère, plus de 100 personnes s’interrogeaient sur le futur des constructions de l’après-guerre qui arrivent en fin de vie. Lesquelles doivent faire partie de notre patrimoine architectural ? Lesquelles peuvent être rénovées pour être affectées à d’autres fonctions ? Lesquelles doivent disparaître sans négliger la question des déchets et des milliers de camions qui vont circuler en ville pour les évacuer vers où ?

Pour ma part, il fallait conserver la Tour Martini, emblématique d’une véritable ville dans la ville avec son théâtre, ses logements, ses commerces, ses bureaux ses salles d’expositions avec parking et sa terrasse panoramique. Par contre, Ville et Région n’ont elles pas eu tort d’accorder à la Tour Philips le droit de rénover un bâtiment qu’on n’aurait jamais dû autoriser sur des boulevards haussmanniens ? Quant à des chefs d’œuvre, témoins de l’architecture de l’après-guerre, comme Glaverbel, la Royale Belge ou ING, ne devraient-ils pas être classés ?

Ce débat ne soulève-t-il pas aussi la question des possibilités de réaffectation qui devrait se poser dès les départ lors de toute nouvelle construction, lorsque l’on voit à quelle vitesse des constructions comme le parlement européen ou le temple de la KBC sont devenues obsolètes ou inadaptées ? La Région est-elle sérieuse lorsqu’elle favorise la construction d’immenses parkings de dissuasion dont la hauteur sous plafond réduite ne permettra aucune réaffectation quand la voiture individuelle appartiendra au passé ?

Vers une mixité sociale dans tout Bruxelles ?

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La démolition des « 5 blocs » au Rempart des Moines – près de Dansaert – va mettre fin à une conception architecturale et sociale qui prévalait dans les années soixante et favorisait le rassemblement de locataires sociaux dans des tours. Cette démolition programmée de 314 logements sociaux sera remplacés par 350 nouveaux logements avec jardin central privatif, mais ne comptera que 210 logements sociaux, vu l’adjonction de 140 logements moyens pour en assurer la mixité. Les logements sociaux perdus seront reconstruits ailleurs.

Mais où ailleurs ? Alors que l’impératif de mixité s’impose de plus en plus aux quartiers pauvres déjà densément peuplés, il est loin de s’imposer dans les quartiers riches à croissance démographique beaucoup plus faible. Les logements sociaux perdus au Rempart des Moines seront-il reconstruits à Woluwé ou à Uccle en manque de mixité sociale ? Rien n’est moins sûr. La ville duale et l’entre soi qui progressent constituent ils un futur désirable pour Bruxelles ?

inégalités.be écrit: « s’il existe un consensus politique pour favoriser la mixité sociale, elle ne pourra être mise en œuvre qu’à travers une politique très volontariste dans la mesure où une telle politique doit s’opposer à l’ensemble des mécanismes de ségrégation entre les groupes sociaux dans l’espace urbain, en particulier à travers le coût de l’immobilier » et il en dit plus ICI.

Saint-Gilles pourrait constituer un exemple assez réussi de mixité et d’un nouvel art de vivre à la bruxelloise. Le bourgmestre n’a pas peur de prétendre « La seule solution, c’est la mixité. Spatiale, sociale, culturelle. Comme à Saint Gilles, où se mélangent Portugais, Espagnols, Polonais, Maghrébins, Asiatiques, Français: dans ma commune on brise l’enfermement mental ». 

Les Bruxellois ont un grand coeur

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Des personnes exilées de tous âges débarquent à Bruxelles parce qu’elles ont dû fuir leur pays à la hâte. En attendant un statut, ou avant d’essayer d’aller plus loin – au Royaume Uni par exemple – ces personnes se regroupent au Parc Maximilien près de la gare du Nord. Elles sont à la merci de rafles policières, comme on en a encore vues récemment.

Des dizaines de Bruxellois se présentent tous les soirs pour les accueillir chez eux une nuit ou deux. Une douche, un lit, une présence, un sourire.

 » Hébergement Plateforme Citoyenne  » coordonne les offres et les demandes. Elle publie aussi une liste de questions qui vous informeront et vous rassureront si vous voulez vous porter volontaire. Ils disposent d’une page Facebook ICI.

Retour à la table de dessin !

A l’unanimité, les membres de la Commission de Concertation ont émis un avis favorable sur le cahier des charges du projet Pachéco … à condition de tout changer !

Vous trouverez ICI la longue liste des conditions et plus bas, si vous avez un peu de temps, les nombreux « considérant » intéressants qui justifient cette décision. Seul BRUZZ semble s’être intéressé à ce combat pour une architecture de qualité à taille humaine.

Il faut remercier les membres de la Commission d’avoir pris en compte la grande majorité des remarques faites par courrier par 119 personnes et associations et par les nombreux Bruxellois furieux présents avec nous à la réunion de Concertation.

Voilà un beau débat démocratique qui a abouti au refus d’un monstre qui allait enlaidir un pan de ville et porter atteinte à la qualité de vie des riverains. Reste à suivre la prochaine étape qui devrait voir naître un nouveau projet supervisé activement par le bouwmeester.