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Une nouvelle école musulmane

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La plupart des familles musulmanes de Bruxelles ont longtemps fait confiance à notre enseignement public – voire catholique – pour l’éducation de leurs enfants. Depuis l’interdiction du port du foulard dans un nombre croissant d’établissements, des écoles musulmanes – légitimement subventionnées en vertu de « la liberté du père de famille » – ont commencé à voir le jour à Bruxelles.

Une quatrième école fondamentale musulmane s’ouvrira en septembre. A Forest, l’école La Sagesse / El Hikma mérite l’attention pour son ouverture aux non musulmans, pour ses classes d’immersion FR/NL et pour sa pédagogie alternative.

Je pense qu’il faut cependant regretter l’intrusion de toute religion dans notre enseignement subventionné, qui pourrait se limiter à programmer un cours de philosophie et d’histoire des religions pour tous. L’adhésion aux  valeurs et aux dogmes d’une religion particulière relevant plutôt de la sphère privée ou familiale.

Vers une grande université européenne ?

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La question des regroupements de pôles universitaires se pose avec acuité à Bruxelles où l’Université Saint-Louis parle de fusion avec l’UCL et Pierre Gurdjian, président de l’Université libre de Bruxelles (ULB), estime dans La Libre qu’une fusion de l’ULB avec la Vrij Universiteit Brussel (VUB) est une « vision stratégique assez logique qui nous ferait sauter environ 100 places dans les rankings internationaux. C’est le contexte institutionnel qui rend les partenariats vraiment difficiles. »

Faut-il aller vers des regroupements idéologiques ou géographiques ?
Les regroupements envisagés sont-ils une fin en soi ou une étape vers des regroupements d’une dimension bien plus importante ?

D’aucuns rêvent d’une grande Brussels European University qui regrouperait toutes les institutions universitaires et grandes écoles spécialisées du territoire bruxellois en une entité multilingue.

D’autres voient encore plus grand et proposaient déjà en 2011 la création d’une Brussels European Metropolitan University (BEMU) qui engloberait aussi la KUL, l’UCL dans un triangle bien connecté comptant près de 80.000 étudiants. Une entité qui pourrait rapidement figurer parmi les cinq premières universités en Europe et les quinze premières dans le monde.

Accueillir les nouveaux Bruxellois

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Bruxelles attire beaucoup de nouveaux habitants. Selon leur situation, on les appelle expats, migrants, allochtones, réfugiés, sans papiers, … Dès lors que leur statut est régularisé, il nous revient de les accueillir et de les aider à s’intégrer dans la société bruxelloise, en faire des citoyens bruxellois à part entière. Force est de constater que notre Région ne s’y est pas attelé rapidement.

Permettre aux nouveaux venus de trouver une place dans la ville devrait commencer par l’apprentissage de la langue, par la transmission d’informations pratiques et réglementaires, par la découverte de nos us et coutumes (Do or Do not) et plus globalement leurs droits et devoirs. Bruxelles n’a pas voulu imposer ces moyens d’accéder à une vraie citoyenneté et s’y met avec hésitations, alors qu’elle a pu constater que c’est parmi les personnes mal intégrées – qui n’ont rien à perdre – que se recrutent la majorité des délinquants et criminels.

Comment font la Flandre et la Wallonie par rapport à Bruxelles ?
C’est à ces comparaisons que sera consacré un après-midi d’étude organisé par Philippe Van Parijs et Paul De Grauwe pour Re-Bel. Cela se passe à la Fondation universitaire le 15 juin de 14 à 18h. C’est gratuit, mais il faut s’inscrire au plus tard demain …

L’Etat n’est pas le gardien d’une morale, ni le protecteur d’une religion

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Dans une carte blanche publiée dans Le Vif, des militants des droits humains originaires de la région berbère du Rif alignent une série de revendications vis à vis du pouvoir marocain. Elles ont toute leur importance, vu qu’à Bruxelles la majorité des quelques 200.000 citoyens d’origine marocaine sont des berbères originaires du Rif (1), certains ne seront sans doute pas insensibles à cette démarche.

Extraits:
 » Nous ne considérons pas l’Etat comme étant le gardien d’une morale et comme le protecteur d’une confession au-dessus des autres. Nous lui préférons une laïcité politique qui garantisse une équidistance avec les convictions et proscrit toute instrumentalisation du religieux à des fins politiques. La présence diasporique rifaine en Belgique, non négligeable par son poids démographique, est elle-même la résultante d’une politique marocaine délétère régulièrement prise en défaut de respect des droits humains. Des pas importants ont été pris par le Maroc depuis l’adoption de la nouvelle Constitution de 2011 et qu’une certaine volonté de protéger et promouvoir les droits de l’homme existe. Cependant, ces avancées restent parfois au stade de la théorie car dans la pratique, les organisations des droits humains s’accordent le plus souvent à dire qu’il y a pléthore de violations. »

La presse a déjà publié plusieurs articles à propos des jeunes Bruxellois d’origine marocaine qui constituent un groupe démographique nombreux et important pour le futur de la ville, en voici une synthèse et encore deux articles.

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(1) Wkipedia: La Région de Bruxelles-Capitale (45% des Marocains résidant en Belgique) compte le plus de Marocains en Belgique ainsi qu’en Europe, suivis d’Anvers (22,7%), de Liège (8,8%) et de Charleroi (5,2%)38. Une grande majorité des Marocains en Belgique sont originaires du Nord du Maroc (Al HoceimaNadorTangerTétouan et Oujda)

C’est la faute aux parents

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Aujourd’hui, la N.VA n’est plus seule à dire que ce sont les parents issus de l’immigration qui sont responsables de l’échec de leurs enfants, plusieurs partis s’y mettent et les médias aussi. De Standaard (traduit par Daardaar) et De Morgen (version non abonné) s’interrogent cependant à ce sujet et la La Première (RTBF) aussi en ajoutant:  » et si ce n’était pas l’origine mais le niveau de revenus qui était la cause de ces échecs? « .

S’ils ne parlent pas bien la langue du pays d’accueil, les parents peuvent-ils l’apprendre à leurs enfants ? Pour moi c’est non. Qu’ils leur parlent correctement leur langue maternelle comme support de leur pensée et que l’école se charge de leur enseigner un néerlandais ou un français corrects. Ils seront vite bons bilingues et même trilingues si l’école développe des méthodes adéquates, dont j’ai déjà eu l’occasion de m’entretenir avec vous.

L’enseignement demeure l’outil d’intégration par excellence, mais il n’offre pas les mêmes chances à tous les élèves. La Commission européenne parle même de ségrégation.  Les enfants qui ne maîtrisent pas bien la langue de l’école n’échouent pas seulement en langue mais souvent aussi dans les autres matières, faute de bonne compréhension. Les ministres compétents peuvent-ils se contenter d’épingler la situation ou vont-ils agir pour que cela change ?