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Bruxellois néerlandophones

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Les Flamands de Bruxelles …

C’est à eux de se prononcer mais, pour moi, les Bruxellois néerlandophones ne sont pas des « Flamands de Bruxelles », comme moi je ne suis pas un « Wallon de Bruxelles ». Et je ne suis pas le seul à le relever.
Un débat sur ces termes avait même été souligné, en son temps, par Brussel Deze Week (traduit par Daadaar):  « Néerlandophone » ou « flamand » ? le combat des mots.

Toute personne qui fait choix de se domicilier à Bruxelles est d’office  et immédiatement citoyen bruxellois, quelle que soit son origine et sa langue. Son domicile légal est le lieu où elle réside la plus grande partie de l’année (donc au moins six mois par an). Et si chacun reste libre de se présenter comme il l’entend, lorsque nous parlons des citoyens bruxellois de langue néerlandaise, n’est-il pas préférable d’utiliser le terme Bruxellois néerlandophone, plutôt que de les considérer comme des Flamands de Bruxelles ? La population néerlandophone n’est pas plus homogène que la francophone. Bruzz a mené l’enquête et a repéré au moins quatre catégories de Bruxellois néerlandophones.

Côté langue, pour se comprendre entre Bruxellois d’origines diverses,  le français reste la langue véhiculaire la plus courante. Ce n’est cependant qu’une lingua franca.  Ceux qui l’utilisent n’en deviennent pas pour autant des francophones. Le néerlandais demeure la seconde langue officielle de la Ville-Région et l’anglais – qui n’est pas langue officielle à Bruxelles – est d’usage courant entre personnes qui ne maîtrisent ni le français, ni le néerlandais.

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Happy Monday : la bâtardise, un vrai bonheur !

Tous zinnekes et fiers de l’être. Même les Bruxellois « de souche »  ont peut-être quelque part un ancêtre Flamand, Wallon, Espagnol, Autrichien, Français, Hollandais, … en cette ville de rencontre de la culture latine et germanique et celle du monde. Par ce beau samedi ensoleillé, peut-être avez-vous pu jouir du plus beau carnaval de la planète au coeur de la ville ? Sinon, faudra attendre deux ans pour une prochaine Zinneke Parade ou alors la voir in extenso depuis le bus BX1 / Bruzz ICI.

 » Personne n’est illégal, protéger les humains pas les frontières «  pourrait être le résumé très politique de cette parade, qui avait bien les couleurs et la joie d’un carnaval populaire, mais dont le thème « Illégal » – retenu il y a 2 ans – était particulièrement d’actualité. Il a démontré un grand désir de s’engager dans ce débat de société sans peur de la confrontation. Traité de manière très différente, par 21 groupes de Bruxellois volontaires de toutes origines et de tous âges, le parcours était ponctué de performances artistiques, poétiques et même acrobatiques. Tout cela sans moteurs, sans sonos tonitruantes, sans sponsors publicitaires et sans récupération politicienne. Plus de 1.500 participants, 175 artistes et un an de travail entre personnes, écoles, associations et artistes, qui ont appris à se connaître et à s’apprécier. Un exploit.

Je ne vous cache pas mon enthousiasme devant ces jolies fille et ces beaux garçons issu.e.s du métissage de Bruxelles et qui seront les Bruxellois de demain.  Ils ont appris à coudre, à souder, à se maquiller et à coopérer. Ils ont tout fait avec des matériaux de récupération et ramassaient même leurs bouteilles vides dans un petit char. Ce qui m’a le plus touché, c’est la diversité des participants, la parade offrait une grande place non seulement aux trop maigres, aux trop gros.ses, aux tout petits, mais aussi aux trisomiques, aux autistes et alors à un très grand nombre de personnes en chaise, tellement heureuse de participer à la fête !

Il y avait du monde, beaucoup, joyeux, curieux. Quelqu’un me glisse : « Mais où sont les spectateurs d’Uccle et de Woluwé ? ». Comment le savez-vous ? « Cela se voit. Beaucoup ont sans doute préféré un grand WE à la mer ou à leur maison de campagne. » Un autre rue du Lombard : « Personne au balcon du parlement bruxellois, pas même la femme d’ouvrage,  pour saluer la parade … ». Peut être dans deux ans.

Tous bilingues ?

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Ce n’est pas la première fois que nous abordons la question de la maîtrise des langues à Bruxelles. Cette fois c’est L’Echo qui y consacre un éditorial. Selon la journaliste, parmi les chercheurs d’emploi, seuls 7% maîtrisent l’autre langue nationale, alors que la moitié des offres d’emplois disponibles à Bruxelles exigent la connaissance d’une autre langue – et de préférence le néerlandais. La navette a encore de beaux jours devant elle pour occuper une part importante les 700.000 emplois générés par Bruxelles.

Bruxelles, capitale d’un pays d’un pays bilingue – et même quadrilingue si on y ajoute l’allemand et l’anglais – se doit de faire de l’apprentissage des langues une priorité absolue. L’enseignement dispensé à Bruxelles par les deux Communautés n’a jamais été à la hauteur de ce défi. Les jeunes Bruxellois, qui ont passé obligatoirement 9 ans à apprendre la seconde langue nationale, en sortent rarement bilingues. Où sont les classes d’immersion ? Où sont les « native speakers » pour les cours de néerlandais et de français ? Reste aux parents francophones d’inscrire leurs enfants dans des écoles néerlandophones, avec tous les problèmes que cela commence à poser dans des classes où les enfants néerlandophones finissent par se retrouver en minorité.

Le pacte d’excellence avait laissé entrevoir une solution, mais selon L’Echo,  » les ambitions affichées ont été revues à la baisse, faute de moyens, et sous la pression des syndicats craignant de voir la charge de travail augmentée. L’apprentissage de deux langues en parallèle sera repoussé d’un an ». Va falloir agiter la sonnette d’alarme.

Bruxelles: une vraie page blanche

billet invité: une carte blanche d’Henri Simons

En marge du débat « En finir avec la Ville de Bruxelles ? » vous trouverez ICI le point de vue d’Henri Simons, ancien premier échevin de Bruxelles Ville. Il se dit partisan d’une page blanche, mais alors vraiment blanche !

Il se demande « comment imaginer une ville sans son hinterland, sans son aéroport, sans son périphérique, sans ses habitants les plus aisés, sans les zones industrielles situées à Diegem, à Zaventem, à Vilvorde, et avec un schéma de mobilité ou une gestion de la sécurité artificiellement divisés ? ». Pour lui, revoir les frontières régionales est un préalable indispensable, sans pour autant revoir le tracé de la frontière linguistique qui susciterait des débats inextricables. On peut cependant imaginer que les provinces du Brabant wallon et du Brabant flamand, ne se résoudront pas facilement à laisser partir leurs habitants les plus fortunés vers la Région de Bruxelles …

C’est ensuite seulement qu’il aborde la question du nombre de communes, de leur composition, de leurs compétences face au « pôle central » que doit être la Région. Et pour finir, il estime qu’avec les 20 % du Produit national brut qu’elle génère, la dotation de la Région doit être revue, afin de lui permettre d’assumer ses responsabilités au profit de tous les citoyens de la Région et du pays.

Vilvorde, 20ème commune de Bruxelles ?

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A lire l’article que Kris Hendrickx vient de publier dans Bruzz – résumé ICI par Daardaar – Vilvorde serait en passe de devenir la 20ème commune de Bruxelles … Rien qu’en 2016, plus de 1.500 Bruxellois ont emménagé à Vilvorde, ce qui n’est pas rien pour une commune de 43 000 habitants. Et pas seulement des étrangers. « Ces dernières années, on a vu arriver de plus en plus de membres de la classe moyenne et même les classes sociales plus pauvres ont un emploi » 

« Ici, je paye 500 euros pour un appartement avec jardin » confie Nadia, une néo-vilvordoise, c’est tout simplement impossible quelques kilomètres plus bas ! Au-delà du coût de l’immobilier, Abdel, gérant d’un snack, souligne la propreté des rues et la facilité pour se garer.  Dans les commerces, le français devient progressivement la lingua franca, ce qui énerve plus d’un Vilvordois d’origine. Les écoles aussi sont bouleversées et la ville devient une cité dortoir. L’article complet en néerlandais est à découvrir ICI à la page 16 de l’hebdomadaire Bruzz.

Matière à réflexion pour Bruxelles, qui voit toujours de nouveaux habitants arriver, mais qui n’est pas en mesure de freiner l’exode de sa classe moyenne, qui reste bruxelloise, mais s’en va dormir ailleurs … où elle paye aussi ses contributions (air connu … et dénoncé).