Archives pour la catégorie Langues

Tous bilingues ?

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Ce n’est pas la première fois que nous abordons la question de la maîtrise des langues à Bruxelles. Cette fois c’est L’Echo qui y consacre un éditorial. Selon la journaliste, parmi les chercheurs d’emploi, seuls 7% maîtrisent l’autre langue nationale, alors que la moitié des offres d’emplois disponibles à Bruxelles exigent la connaissance d’une autre langue – et de préférence le néerlandais. La navette a encore de beaux jours devant elle pour occuper une part importante les 700.000 emplois générés par Bruxelles.

Bruxelles, capitale d’un pays d’un pays bilingue – et même quadrilingue si on y ajoute l’allemand et l’anglais – se doit de faire de l’apprentissage des langues une priorité absolue. L’enseignement dispensé à Bruxelles par les deux Communautés n’a jamais été à la hauteur de ce défi. Les jeunes Bruxellois, qui ont passé obligatoirement 9 ans à apprendre la seconde langue nationale, en sortent rarement bilingues. Où sont les classes d’immersion ? Où sont les « native speakers » pour les cours de néerlandais et de français ? Reste aux parents francophones d’inscrire leurs enfants dans des écoles néerlandophones, avec tous les problèmes que cela commence à poser dans des classes où les enfants néerlandophones finissent par se retrouver en minorité.

Le pacte d’excellence avait laissé entrevoir une solution, mais selon L’Echo,  » les ambitions affichées ont été revues à la baisse, faute de moyens, et sous la pression des syndicats craignant de voir la charge de travail augmentée. L’apprentissage de deux langues en parallèle sera repoussé d’un an ». Va falloir agiter la sonnette d’alarme.

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Bruxelles: une vraie page blanche

billet invité: une carte blanche d’Henri Simons

En marge du débat « En finir avec la Ville de Bruxelles ? » vous trouverez ICI le point de vue d’Henri Simons, ancien premier échevin de Bruxelles Ville. Il se dit partisan d’une page blanche, mais alors vraiment blanche !

Il se demande « comment imaginer une ville sans son hinterland, sans son aéroport, sans son périphérique, sans ses habitants les plus aisés, sans les zones industrielles situées à Diegem, à Zaventem, à Vilvorde, et avec un schéma de mobilité ou une gestion de la sécurité artificiellement divisés ? ». Pour lui, revoir les frontières régionales est un préalable indispensable, sans pour autant revoir le tracé de la frontière linguistique qui susciterait des débats inextricables. On peut cependant imaginer que les provinces du Brabant wallon et du Brabant flamand, ne se résoudront pas facilement à laisser partir leurs habitants les plus fortunés vers la Région de Bruxelles …

C’est ensuite seulement qu’il aborde la question du nombre de communes, de leur composition, de leurs compétences face au « pôle central » que doit être la Région. Et pour finir, il estime qu’avec les 20 % du Produit national brut qu’elle génère, la dotation de la Région doit être revue, afin de lui permettre d’assumer ses responsabilités au profit de tous les citoyens de la Région et du pays.

Vilvorde, 20ème commune de Bruxelles ?

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A lire l’article que Kris Hendrickx vient de publier dans Bruzz – résumé ICI par Daardaar – Vilvorde serait en passe de devenir la 20ème commune de Bruxelles … Rien qu’en 2016, plus de 1.500 Bruxellois ont emménagé à Vilvorde, ce qui n’est pas rien pour une commune de 43 000 habitants. Et pas seulement des étrangers. « Ces dernières années, on a vu arriver de plus en plus de membres de la classe moyenne et même les classes sociales plus pauvres ont un emploi » 

« Ici, je paye 500 euros pour un appartement avec jardin » confie Nadia, une néo-vilvordoise, c’est tout simplement impossible quelques kilomètres plus bas ! Au-delà du coût de l’immobilier, Abdel, gérant d’un snack, souligne la propreté des rues et la facilité pour se garer.  Dans les commerces, le français devient progressivement la lingua franca, ce qui énerve plus d’un Vilvordois d’origine. Les écoles aussi sont bouleversées et la ville devient une cité dortoir. L’article complet en néerlandais est à découvrir ICI à la page 16 de l’hebdomadaire Bruzz.

Matière à réflexion pour Bruxelles, qui voit toujours de nouveaux habitants arriver, mais qui n’est pas en mesure de freiner l’exode de sa classe moyenne, qui reste bruxelloise, mais s’en va dormir ailleurs … où elle paye aussi ses contributions (air connu … et dénoncé).

 

La culture sauvera-t-elle le pays et sa capitale ?

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A Bruxelles, malgré la présence des deux Communautés linguistiques – qui se parlent peu – le monde culturel ne se laisse pas impressionner par ces clivages d’un autre âge et bravent les interdits en démarchant avec succès les spectateurs de la Communauté qui n’est pas la leur.

Le Théâtre National et le Théâtre flamand (KVS) échangent des spectacles avec Toernee General, l’AB produit des artistes du monde dans son centre culturel flamand et depuis peu, le cinéma Palace – de la Communauté française – projette tous ses films en version originale, avec sous-titres en français/néerlandais, et accueille des Bruxellois néerlandophones dans son conseil d’administration. Le Réseau des Arts / Brussels Kunstoverleg contribue activement à tous ces rapprochements.

La classe politique commence à s’intéresser au mouvement. La chaîne Radio 1 de la VRT y consacre un article révélateur  « La culture : clé d’une meilleure compréhension entre les communautés » traduit par DaarDaar. Le ministre de la Culture flamande, Sven Gatz, y est présenté comme l’un des instigateurs de la présence de la Flandre à la prochaine Foire du Livre de Bruxelles, « ce qui démontre qu’autonomie et ouverture ne sont pas des concepts antagonistes, au contraire. Il n’est pas non plus question d’une quelconque forme de néo-unitarisme ».

Happy Monday : 3è maternelle pour tous les Bruxellois

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Il y a longtemps que nous plaidons pour un enseignement maternel obligatoire pour tous, comme l’a imposé la Flandre depuis 1997. C’est d’autant plus important à Bruxelles, que de nombreux enfants ne parlent pas la langue de l’école à la maison et éprouveront souvent des difficultés en première primaire. C’est aussi une forme de socialisation précoce. Un gage de réussite pour la rentrée dans l’enseignement primaire.

Le Soir annonce qu’un décret devrait rendre la 3e maternelle obligatoire, dès septembre prochain, mais seulement durant un certain nombre demi-journées par an, encore à déterminer.

« Notre volonté est de rendre obligatoire la fréquentation de la 3e maternelle durant un nombre minimal de demi-journées. Ce nombre n’a pas encore été décidé de manière définitive et fait l’objet de discussions », explique le cabinet de la ministre de l’Enseignement Marie-Martine Schyns (CDH).

Un essai timide, mais manifestement un pas dans la bonne direction.