Archives pour la catégorie Jeunes

L’enseignement francophone sous la loupe

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Les études PISA, c’est lui. Andreas Schleicher est à la tête de la direction « Education et compétences » de l’OCDE. Benoît Mathieu de L’Echo l’interroge, parce que son regard embrasse les méthodes et compétences de quelque quatre-vingts systèmes d’éducation de par le monde. Attendez-vous à de multiples comparaisons et balayez les lieux communs: ils ont plus d’argent, payent mieux leurs professeurs ou ont moins d’élèves par classe.

Tout ce qu’affirme – un peu vite – Andreas Schleicher mériterait d’être approfondi, mais je ne vous cache pas mon enthousiasme pour la vision globale qu’il porte sur l’enseignement.  » Vous avez des élèves du XXIe siècle, des enseignants et une pédagogie du XXe et une organisation du travail du XIX « . Ce dont la société a besoin, c’est de citoyens. Éclairés. Cultivés. Critiques. Polyglottes. Ayant appris à douter, à remettre en question et à apprendre. On en parle ICI, mais vous en saurez déjà plus en lisant son  interview, En voilà un avant-goût.

« Le monde ne vous récompense plus pour ce que vous savez; Google sait tout.
Le monde vous estime pour ce que vous êtes capables de faire de ce que vous savez. Il s’agit d’être en mesure de mobiliser vos facultés cognitives, sociales et émotionnelles pour réaliser quelque chose, ou résoudre un problème de façon collaborative. De la créativité et de l’imagination, deux compétences fondamentales. Le hic, c’est qu’elles ne s’acquièrent pas si l’élève est cantonné dans le rôle du consommateur, assis derrière un bureau écrasé par une estrade, ou rivé sur un écran ». L’apprentissage doit faire sens et se fonder sur la pédagogie active – dont je suis un partisan – parce qu’il permet aux élèves d’expérimenter par eux-mêmes et de conclure.

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S’interroger sur le choix des langues

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À Bruxelles, la deuxième langue enseignée par l’école est nécessairement le français – ou le néerlandais – avec les résultats que l’on connaît pour le néerlandais et que l’on attribue généralement à un enseignement dénué d’attrait, trop souvent dispensé par des professeurs francophones qui peinent à communiquer la richesse de la culture flamande et font face à la résistance de certains élèves qui préféreraient apprendre l’anglais, à une époque où jeunes francophones et néerlandophones communiquent de plus en plus en anglais.

La VRT publie le résumé en français d’une émission consacrée au désamour des francophones pour la langue néerlandaise, parlée par la majorité des citoyens du pays. Si en Flandre, le français est obligatoirement la seconde langue, en Wallonie les lycéens  ont le choix et seul 1 étudiant sur 3 choisit le néerlandais comme deuxième langue, contre 2 sur 3 il y a seulement 8 ans. Faudrait-il imposer le néerlandais comme seconde langue, vous lirez l’avis d’un prof d’unif, qui pense que ce qu’il faut c’est rendre le néerlandais plus attrayant. Henri Sagot disait: on n’apprend pas une langue que l’on n’aime pas. Un professeur de français de Flandre livre aussi son expérience.  » Notre aversion pour les francophones et la bourgeoisie n’a-t-elle pas pris des proportions telles que nous avons jeté d’un coup aux orties une culture qui a contribué à façonner notre éducation pendant des siècles ? « . Gazet Van Antwerpen écrivait déjà il y a 4 ans: les universitaires flamands obtiennent un score moyen de 35,9% en français en début de première année, le plus mauvais score jamais enregistré. »

À Bruxelles, où en sommes nous avec les écoles en immersion ? A quand des professeurs de néerlandais et de français native speakers ? Quand l’apprentissage ne s’arrêtera-t-il plus à la grammaire et à l’orthographe pour englober la culture dans laquelle baigne la langue ?

Happy Monday: on a nagé gare du Nord

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Vendredi dernier, la circulation était interdite autour du beau plan d’eau de Tapta au boulevard Roi Albert II et les nageurs étaient les bienvenus pour la journée. Une initiative de Pool is Cool, une association qui milite de toutes les manières en faveur de trempettes en plein air dans Bruxelles.

The Northbeach a connu son succès malgré le temps, avec ses transats, son bar et ses nageurs rassemblés à ce carrefour généralement encombré. Libéré des voitures et du bruit, cet espace s’est rempli de vie, de cris et de bonheur. Dès qu’il fait beau, Bruxelles se met à rêver d’une piscine en plein air. Après le plan d’eau du Marché aux Poissons, c’est celui de la Gare du Nord qui révèle cette attente des Bruxellois.

Pascal Smet l’a évoqué à plusieurs reprises au bord du canal, sans jamais être suivi. Même la piscine sur une péniche n’a pas trouvé assez de supporters. Quelques jours de canicule pourraient peut être redonner vie à ce beau rêve ? En attendant quelques photos sur BX1 une belle petite video sur Bruzz.

photos Pool is Cool

Happy Monday: BEL expo for next generation

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Bruxelles Environnement ex (IBGE) a eu la bonne idée de créer BELEXPO , une exposition sur la ville de demain, centrée sur un avenir durable pour Bruxelles et entièrement dédiée à une nouvelle génération de Bruxellois. Conçue comme une expérience interactive très ludique et destinée prioritairement aux enfants de 10 à 14 ans, cette exposition permanente – unique en Europe –  propose aux jeunes de tester de nouvelles habitudes de vie: se déplacer plus facilement, manger mieux, se loger avec moins d’énergie, inventer des projets pour son école ou son quartier…

Grâce à un bracelet, compagnon de visite, le jeune visiteur découvre des missions et peut agir pour améliorer la vie en ville et lui donnera peut-être envie de prolonger ses actions à l’école ou en famille et d’en savoir plus en consultant internet. BX1 y consacre un petit reportage.

Cela se passe au siège de Bruxelles Environnement dans son bâtiment familièrement appelé « le grille-pain », juste à côté de Tour et Taxis. L’accès à l’expo est gratuit et les écoles seront sans doute aussi nombreuses à y amener les jeunes que les familles et les mouvements de jeunesse.

Happy Monday: une école sans profs

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Oh ! J’imagine déjà les commentaires à propos de l’élitisme, de l’affairisme ou de l’individualisme, mais je me réjouis d’assister à l’ouverture d’une école d’un autre type, qui n’a ni cours, ni enseignants, mais fonctionne tous les jours 24/24 et favorise la collaboration entre étudiants motivés dotés d’expériences diverses. Vous en saurez plus ICI et L À sur L’École 19, qui est gratuite, mais sélectionne ses étudiants après des épreuves redoutables vécues ICI et dont ont réchappé 93 étudiants sur 127.

Face aux performances d’un enseignement bruxellois communautarisé loin d’être brillantes, des réformes sont à l’étude dans les deux Communautés, à la recherche de l’école idéale. Mon expérience dans le domaine de l’éducation et de la pédagogie me conduit à penser que l’école idéale – qui convient à tous et à toutes – n’existe pas et n’existera jamais.

Je suis un convaincu des méthodes d’éducation active, mais je reconnais qu’un certain nombre d’apprenants sont plus à l’aise devant un enseignement plus formel, plus structuré, plus académique, comme vous le verrez dans le  dossier auquel vous avez accès. Ce qui manque à Bruxelles – et qui est à la base de la réussite des écoles finlandaises – c’est la liberté des écoles de définir leur pédagogie et la possibilité pour les parents et les étudiants de choisir librement le type d’enseignement qui semble leur convenir, y compris le compagnonnage et l’enseignement en alternance. C’est bien évidemment plus facile à dire qu’à mettre en œuvre, mais n’est-ce pas en diversifiant l’offre, que nos écoles auront le plus de chances d’attirer, de maintenir et de former la grande diversité des jeunes Bruxellois ? L’École 19 est une porte singulière, mais une porte de plus.