Archives pour la catégorie Jeunes

Et si la guerre des participes en cachait une autre ?

___________________________________-

Vous lirez ICI l’essentiel de ce qui s’est dit et publié à propos du pavé que deux linguistes belges, – soutenus par la fédération Wallonie-Bruxelles – lancent dans la mare tranquille et historique de l’accord des participes. Ils veulent une simplification de cet accord avec l’auxiliaire avoir, qu’ils jugent « obsolète et compliqué jusqu’à l’absurde ». Vous vous souviendrez qu’elle stipule que le participe s’accorde en genre et en nombre avec le complément d’objet direct uniquement quand celui-ci le précède … mais avec plusieurs pages d’exceptions recensées dans le Grevisse.

Les élèves se demandent: pourquoi avant et pas après? Souvent, les enseignants savent expliquer comment on accorde, mais pas pourquoi. La réponse (étonnante), vous la trouverez ICI.  L’incohérence des règles empêche les enseignants de donner du sens à leur enseignement, constatent les linguistes Arnaud Hoedt et Jérôme Piron, qui plaident pour une invariabilité pure et simple du participe passé avec l’auxiliaire avoir. Il s’agit de proposer – et non d’imposer – cette règle nouvelle, mais il faut cesser de sanctionner ceux qui ne commettent aucune faute en l’appliquant. N’en déplaise à l’Académie française, qui n’est pas composée de linguistes : «  L’orthographe n’est pas la langue, mais l’outil graphique qui permet de transmettre, de retranscrire la langue, comme les partitions servent la musique ».

De telles améliorations rationnelles de la langue – sans perte de sens – ont toute leur importance à Bruxelles, où plus de la moitié des citoyens n’ont pas le français pour langue maternelle, mais font l’effort d’apprendre la lingua franca qui nous permet de communiquer entre Bruxellois. Il ne s’agit aucunement d’un nivellement par le bas, mais de retrouver la logique de la langue, plutôt que de s’accrocher à des  » usages «  que rien de sérieux ne justifie. Une bataille des petits Belges contre le conformisme et la belle assurance d’Immortels qui ne sont jamais parvenus à produire une grammaire décente.

Publicités

Agir rapidement pour la planète

________________________________

En complément du billet d’hier, nous découvrons un article dans Le Monde qui revient sur l’urgence à agir, parce que « l’effondrement est en cours. La sixième extinction massive se déroule à une vitesse sans précédent (…) mais il n’est pas trop tard pour éviter le pire (…) Toute action politique qui ne ferait pas de la lutte contre ce cataclysme sa priorité concrète, ne serait plus crédible. De très nombreux autres combats sont légitimes, mais si celui-ci est perdu, aucun ne pourra plus être mené ».

Face au plus grand défi de l’histoire de l’humanité, 200 personnalités ont lancé un appel pour sauver la planète. D’Alain Delon à Patti Smith, tous ont répondu à l’appel de Juliette Binoche et de l’astrophysicien Aurélien Barrau pour une action politique « ferme et immédiate » face au changement climatique. C’est une question de survie.

Un lecteur du blog propose que dorénavant tout projet public ou privé d’envergure fasse non seulement l’objet d’une évaluation financière, mais aussi d’un calcul permettant de chiffrer son impact environnemental, positif ou négatif.

Happy Monday: une démission salutaire

____________________________________

La démission de Nicolas Hulot n’est pas une vraie surprise et ne serait qu’un événement anecdotique de la politique spectacle française si les réactions ne s’étaient pas faites aussi nombreuses, allant jusqu’à évoquer la question de l’habitabilité de la planète qui n’évolue pas au même rythme que l’humain qui est en train d’imposer à la nature son propre rythme (Jean Faniel) sans tenir compte des limites physiques de l’environnement dans lequel il s’opère. Les scientifiques s’expriment fermement, Emanuel Macron reçoit Cohn Bendit, Guy Verhofstat sort du bois, Angela Merkel dit savoir, le philosophe Dominique Bourg (dont nous reparlerons) tonne, même L’Echo éditorialise … Toute l’Europe est face à son immobilisme et les USA face à leur régression, alors que les signaux sont au rouge et que la classe politique ne peut l’ignorer.

Est-ce vraiment une bonne nouvelle en ce Happy Monday ? On peut en douter quand Boualem Sansal dit dans Le Soir « Le jour où les ressources vitales à l’humanité (eau, air, électricité et nourriture de base) viendront à manquer, nous serons devant le plus grand défi de notre histoire : nous devrons nous entretuer pour qu’une minorité survive » mais il ajoute heureusement « ou nous unir et construire un nouveau monde, un monde de survie ». C’est une question vitale et il est grand temps que tous les partis politiques aient un chapitre très sérieux de leur programme électoral consacré à l’environnement, au développement durable, qui soit à la hauteur des enjeux et qui soit cohérent avec le reste.

« Pour lever les freins au changement, on a besoin de tout le monde. Il y a des enjeux qui méritent de voir au-delà de l’intérêt partisan. Il faut que différents acteurs politiques, acteurs sociaux, institutionnels, se rendent compte qu’on doit faire une union sacrée sur des objectifs très importants «  (Jean-Michel Javaux in L’Echo). Le citoyen aussi peut se mobiliser, parfois descendre dans la rue et bien sûr changer ses comportements. Un devoir vis à vis de la nouvelle génération.  » S’il y a quelque chose qui a fait bouger, qui a renforcé la mobilisation positive de la société civile et des citoyens, c’est le film « Demain » (Christophe Schoune IEW) que vous pouvez voir ou revoir ICI sur Youtube.

 

 

Relever le défi numérique

____________________________________

Le futur de Bruxelles dépend très largement de la pertinence de l’éducation qui sera mise à disposition de la nouvelle génération de Bruxelloises et de Bruxellois. Au cœur de celle-ci figure, notamment, la maîtrise du monde numérique. La maîtrise, pas seulement l’usage. C’est l’objectif de la première rencontre EduCode destinée aux enseignants et aux personnes passionnées par le développement rapide du monde numérique. Pour les enseignants, l’ensemble du programme de formation est gratuit.

Informer, former et susciter la réflexion des acteurs du monde de l’enseignement face à l’évolution du monde numérique est l’objet central de cette rencontre à Bozar. En comprendre le fonctionnement pour pouvoir le maîtriser est indispensable, en particulier pour les jeunes qui s’en servent mais doivent aussi en comprendre la logique. Le programme est ICI et il est encore temps de s’inscrire aux conférences et aux ateliers qui se tiennent du 27 au 29 août et pour visiter l’exposition.

Et si le monde numérique n’est pas votre tasse de thé, mais que vous désirez soutenir cette salutaire initiative, vous pouvez participer à la soirée musicale et chorale qui se tiendra dans la grande salle de Bozar ce lundi 27 à 20h30 et dont le contenu est ICI. C’est important, parce que Nicolas Pettiaux  a pris des risques en lançant ce projet sur fonds propres et qu’il lui faut remplir la salle pour équilibrer son budget et garantir une seconde édition en 2019.

Un devoir d’intervention de l’école

_______________________________

Nos écoles pas toujours à la hauteur lorsque des conflits culturels émergent. C’est Johan Leman – anthropologue et président de la vzw Le Foyer à Molenbeek –  qui l’affirme, face à des propos d’élèves comme: « Tu n’es pas circoncis, tu es sale »  ou « Ta tartine au jambon c’est un péché ». Propos d’enfants qui ne font que répéter ce qu’ils entendent à la maison, mais propos qui peuvent dégénérer et ont même été la cause de changement d’école. N’est-ce pas à juste titre que Johan Leman dit dans De Morgen ne pas comprendre comment de telles « onnozelheden » peuvent devenir un problème ?

Pourquoi certains enseignants ne réagissent pas et ne profitent pas de telles occasions pour faire le point avec les enfants ? Différentes origines, différentes cultures, différentes coutumes, tant pour l’alimentation que pour l’hygiène ou le sens de la vie sur terre. Les enfants ont le droit d’être informés de l’origine et des raisons d’être de ces différentes croyances et usages. C’est un devoir de l’école pluraliste. Oui, on peut être propre sans être circoncis.  Non, on n’est pas dégoûtant parce qu’on mange de la viande de porc.

Certes, cela doit faire partie de la formation ou du recyclage des maîtres. Certes les enseignants doivent être soutenus par leur direction, qui doit les inciter à profiter de ces propos d’enfants – qui ne sont pas anodins – pour fournir des explications et des réflexions à leurs élèves. En effet, il y a ce que l’on pense et dit à la maison ou dans les lieux de culte et il y a ce que l’école d’un état démocratique et pluraliste précise sur le plan historique et scientifique, par-delà les croyances de chacun, qui elles relèvent de la sphère privée. N’est-ce pas essentiel pour la cohabitation harmonieuse d’une nouvelle génération de citoyens bruxellois ?