Archives pour la catégorie Institutionnel

Beliris aime Bruxelles …

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C’est ce qu’affirme Didier Reynders à propos du budget que l’Etat fédéral alloue à la Région de Bruxelles pour assumer son rôle de capitale multiple. A l’occasion de ses 30 ans, Beliris publie son bilan: 1.500 projets soutenus avec un budget de 2 milliards d’euros.  Beliris annonce aussi pour l’avenir un programme ambitieux et des projets centrés sur la mobilité – dont la ligne de métro Nord (contestée) qui coûtera 50 millions par an pendant dix ans soit un total de 500 millions. Sur papier, c’est Le Soir qui détaille le mieux les projets et en vidéo, BX1 et la RTBF les illustrent, esquisses à l’appui.

Personne ne rappelle que ce budget Beliris – que l’Etat fédéral alloue généreusement à notre Région – ne constitue qu’une faible compensation du manque à gagner que subit Bruxelles parce que l’impôt sur les personnes physiques est perçu sur le lieu du domicile et pas sur le lieu de travail, où la richesse est produite. Comme un grand nombre de Bruxellois avec de hauts revenus vont dormir chaque soir dans le Brabant wallon ou dans le Brabant flamand, ce sont ces deux Régions qui captent leurs impôts, leur permettant de devenir les plus riches du pays.

Ce n’est pas tout. Ce budget n’est pas remis à Bruxelles, il reste dans les mains du fédéral.  C’est lui qui sélectionne les projets présentés par la Région et c’est, de plus en plus souvent, lui qui devient le maître d’œuvre des projets, avec une connaissance très limitée du terrain. Des chantiers qui s’éternisent avec trop souvent peu d’ouvriers sur place, des coordinations avec d’autres chantiers bruxellois parfois défaillantes, Beliris est un Etat dans l’Etat. Il donne au fédéral un pouvoir de décision sur Bruxelles, dont il ne dispose pas dans les deux autres Régions.

Pour être cohérent dans une Belgique basée sur des Régions, il faudrait qu’une partie au moins de l’impôt sur les personnes physiques soit perçu sur le lieu de travail. En attendant,  le budget compensatoire Beliris doit être versé au budget de la Région qui l’affectera à de programmes qu’elle choisit et pilote pour mieux assumer son rôle de capitale multiple. C’est essentiel et les médias ne l’évoquent pas.

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Notre parlement est-il un bon miroir ?

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Le parlement est-il le miroir de la population qu’il prétend représenter ? Le CRISP se penche sur cette question, maintes fois soulevée.
« Nous vivons dans une démocratie représentative : ce point est hors de doute. Cette évidence paraît d’autant plus incontestable qu’elle est assénée, non seulement par les défenseurs de notre système politique, mais aussi par ses adversaires. Ceux qui proposent avec insistance, aujourd’hui, de rénover nos pratiques politiques en créant des parlements de citoyens tirés au sort revendiquent ICI de dépasser la démocratie représentative au profit d’une forme de démocratie directe ».

 « Mais à quel titre nos élus peuvent-ils être considérés comme nos représentants ? On peut difficilement prétendre qu’ils nous représentent au plan sociologique, qu’ils constituent un reflet fidèle de la population au nom de laquelle ils sont censés agir. S’ils accueillent davantage de femmes, de jeunes et de personnes issues de l’immigration que par le passé, nos parlements d’élus restent déséquilibrés à l’aune de ces trois critères, et ils sont depuis toujours élitistes au plan socio-économique. La diversité des métiers et des conditions est loin d’être présente dans ces assemblées peuplées de juristes, de professions libérales et de diplômés de l’enseignement universitaire en général. En outre, la plupart des élus sont des professionnels de la politique, qui y consacrent un pan significatif de leur carrière et constituent, à ce titre, un monde à part – non pas une classe ou une caste, termes poujadistes, mais assurément un corps spécifique et spécialisé ».

« Si l’on retient le critère sociologique, ce sont au contraire les parlements de citoyens qui devraient être considérés comme le summum de la démocratie représentative. Dans ces enceintes, quelques dizaines ou quelques centaines de citoyens représentent la population entière, comme dans un parlement d’élus. Et ils peuvent le faire de manière d’autant plus légitime que l’on veille toujours à tirer au sort des échantillons reflétant fidèlement la structure de la population, en respectant les grandes stratifications classiques : proportion de femmes et d’hommes, tranches d’âge, catégories socio-professionnelles, etc. Rien n’est plus représentatif, en première analyse, que ces parlements de citoyens que l’on présente comme l’antithèse de la démocratie représentative ».
Mais pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

Un débat électoral à découvrir

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C’est Bruzz qui l’a organisé le 4 septembre à Kanal Centre Pompidou, mais ce débat est encore visible sur internet jusqu’à samedi avec des sous-titres en français. Une belle occasion de découvrir le point de vue candidats bruxellois néerlandophones sur la ville où ils ont choisi de vivre.

Comment accéder aux sous-titres en français de l’émission en néerlandais ?
C’est assez simple: dans le bas de l’image vidéo, après une brève publicité, vous verrez apparaître une barre d’outils. appuyez à droite – à côté du temps restant – sur le rectangle (pointé par la petite main)  et vous n’avez plus qu’à choisir votre langue. Peut-être faudra-t-il débloquer momentanément votre adblocker.

Happy Monday : des citoyens bilingues heureux

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C’est à Bienne / Biel en Suisse. L’ambiance y est au vivre ensemble. Vous arrivez dans un monde où vous pouvez parler dans la rue en français, on vous répond en allemand et cela semble tout à fait normal. Vous pouvez mettre vos enfants dans des écoles qui encouragent très fortement la connaissance de la langue sœur. Et depuis peu, une filière entièrement bilingue (Fibi) a été créée. Son succès est tel que l’établissement qui en est à l’origine n’arrive pas à répondre à la demande. Bienvenue à « Biel/Bienne », le nom officiel de la localité.

Et pourtant, il y a 40 ans, un tel programme n’était pas à l’ordre du jour.  » Les linguistes recommandaient de ne parler qu’une seule langue en disant que, dans le cas contraire, les enfants ne sauraient pas à quel saint se vouer en termes linguistiques. À l’époque, dans les familles où on parlait deux langues, on n’en choisissait qu’une en abandonnant l’autre. De nos jours, on considère que c’est une richesse culturelle et d’intégration qui participe aussi à une plus grande plasticité du cerveau, d’où des facilités à apprendre d’autres langues », explique Virginie Borel, directrice du Forum du bilinguisme, une fondation créée par la ville de Bienne en 1996.

Que pensent les Suisses alémaniques de cette parité de plus en plus prégnante à Bienne ? Est-ce qu’ils redoutent la « tache d’huile« , à l’image de certains Flamands ? L’article de La Libre répond à cette question et à quelques autres, qui ne manquent pas d’intérêt pour les Bruxellois.e.s.

Happy Monday: rajeunir la démocratie

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La démocratie représentative montre des signes d’épuisement, voire même de ras le bol. Les scandales et les cumuls de mandats ont accéléré la désaffection populaire et ont nourri le populisme. La plus petite des Régions de Belgique a réagi en tentant d’innover en matière de participation citoyenne. Véritable laboratoire vivant, la Communauté germanophone a réuni des habitants pour débattre, notamment, de l’accueil des jeunes enfants. Les conclusions de leur travail ont été présentées aux décideurs politiques. A partir des expériences positives d’ateliers citoyens, la classe politique a voulu réfléchir à des modèles de démocratie participative plus poussés.

Ils ont sollicité David Van Reybrouck – qui étudie et expérimente des modèles de démocratie innovants et fut à l’initiative du G1000  – ainsi que des chercheurs en sciences politiques: Yves Dejaeghere (Université d’Anvers, KULeuven), Benoît Derenne (Fondation Générations Futures), Min Reuchamps et Christoph Niessen (tous deux de l’UCL), qui se sont engagés à rassembler des idées pour mettre en place une structure plus durable de participation citoyenne.

« La Communauté germanophone est petite, mais elle possède des compétences étendues. De notre point de vue, cette combinaison est passionnante et très prometteuse pour développer un modèle de démocratie délibérative », dit ICI David Van Reybrouck dans Grenz Echo aimablement traduit par Daardaar. Et le ministre-président d’ajouter « En matière de participation citoyenne, nous aimerions aller plus loin que les autres régions et endosser un rôle de précurseur en la matière. »

« Les élections n’ont jamais été conçues pour être démocratiques »
David Van Reybrouck in Libération.