Archives pour la catégorie Institutionnel

Mettre fin à la lasagne institutionnelle

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La Région bruxelloise a le pouvoir de décider seule du sort d’un certain nombre de structures qui perturbent le bon fonctionnement de la Ville-Région. Notamment la fusion de ses dix-neuf communes en une seule, à condition d’en rester distincte et de conserver la tutelle sur elle. C’est ce qu’elle doit faire, disent les représentants d’Aula Magna, qui vous disent pourquoi et comment.

Nous attendions depuis longtemps les conclusions d’Aula Magna suite à la conférence débat provocante « En finir avec la Ville de Bruxelles ? », que vous avez été nombreux à suivre. Après réflexion, elles nos parviennent aujourd’hui sous la forme d’une carte blanche signée par trois de leurs représentants et publiée par Le Soir. N’occultant pas leur belle culture, mes amis d’Aula Magna l’ont intitulée : « Bruxelles-Janus: une commune unique et une Région »  en référence à ce dieu romain à deux têtes, qui évoque les commencements et les fins.

Extraits.
 » Berlin est une commune et une région (un Land). Vienne aussi. Bruxelles est une région – mais pas une commune : dix-neuf communes y cohabitent sur un petit territoire urbain. Il est temps de les fusionner en une seule, qui méritera alors pleinement le titre de Ville de Bruxelles. Un espace de vie qui deviendra ainsi gérable de manière plus efficace, plus cohérente, plus ambitieuse pour ses 1.200.000 habitants, pour ses nombreux navetteurs et pour ses innombrables visiteurs « .

Mais qu’en serait-il de la proximité avec le citoyen ?
 » Vienne, Berlin et Anvers ont créé en leur sein des districts, et Paris des arrondissements, qui traitent de questions plus locales et servent de lien avec les organes de la ville. De même, la Ville de Bruxelles issue de la fusion devra déléguer des compétences de proximité à des districts dirigés chacun par un conseil élu localement. Ceux-ci pourront correspondre en gros aux dix-neuf communes actuelles, de préférence un peu plus, en particulier si Haren, Laeken, et Neder-Over-Heembeek souhaitent retrouver leur autonomie ».

Mais il faut lire la suite ICI, le temps de lecture n’est que de 3 minutes.

Janus est le dieu romain des commencements et des fins, des choix, du passage et des portes1. Il est bifrons (« à deux têtes ») et représenté, avec une face tournée vers le passé, l’autre sur l’avenir. Il est fêté le 1er janvier. Son mois, Januarius (« janvier »), marque le commencement de la fin de l’année dans le calendrier romain2.

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Pourquoi notre réseau ferré patine ?

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Pierre Laconte est le rapporteur d’un colloque qui a comparé le réseau ferré de Zurich et celui de Bruxelles. Il y a aussi consacré un livre. Le réseau exemplaire de Zurich et de sa région présente une grande cohérence politique entre aménagement du territoire et transport, entre desserte de la ville et desserte de la périphérie, et entre modes de transport. Par contre, le réseau bruxellois est confronté à une multiplicité de décideurs (19 communes, région de Bruxelles-Capitale et régions flamande et wallonne, gouvernement central et SNCB) et de politiques fluctuant en fonction des majorités. Le projet de réseau express régional à gestion regroupant les acteurs n’a pas été mis en œuvre.

Finalement, l’accessibilité générale de Bruxelles reste essentiellement due à l’acquis de réalisations historiques : l’interconnexion entre les gares du Nord et du Midi et la création de la gare centrale en 1952, la liaison de ces gares avec l’aéroport depuis 1958 et entre le quartier européen et l’aéroport à partir de 2016. Alors que les nombreuses gares du territoire bruxellois et de sa périphérie pourraient constituer un sorte de deuxième réseau métro à disposition des Bruxellois et des navetteurs, on ne voit pas ces infrastructures afficher clairement l’ambition de participer à l’offre de transports en commun de Bruxelles et de devenir une alternative crédible à la voiture individuelle.

N’est-ce pas là, que l’on est contraint de constater les conséquences néfastes de la situation institutionnelle de la Région de Bruxelles ? Pour ceux qui en doutent encore, une nouvelle réforme de l’Etat ne s’impose-t-elle pas pour sortir de cet imbroglio et permettre à la capitale de l’Europe de faire aussi bien que Zurich ?

Happy Monday: Oui, nos idées percolent

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Des textes à lire aujourd’hui pour se réjouir. Oui, plusieurs de nos propositions de réforme commencent à percoler dans les médias et même dans certains partis.
Vous vous demandez parfois si ces billets et mes « soliloques ou mes incantations » servent à quelque chose ? Il est évident que si – après lecture de ce blog – des abonnés se mobilisaient pour s’indigner, agir, pétitionner, manifester, s’engager dans des partis ou en c-réer… le changement adviendrait plus vite. La seule prétention possible pour un blog, est de diffuser des points de vue critiques, de faire des analyses pour nourrir la société civile, pour interpeller la classe politique et la pousser mieux oeuvrer en faveur de l’intérêt général de tous les citoyens de Bruxelles. Nous sommes 520  » influenceurs «  à partager une partie des idées émises ici. Nous pourrions facilement être 1000. On en reparlera.

L’Appel des Bruxellois  – ook in het NL  & in EN – a été signé par plus de 10.000 citoyens actifs. Il remonte déjà à plus de 10 ans, mais  aujourd’hui, il semble encore être une source d’inspiration pour certains partis, comme le démontre la nouvelle carte blanche d’Ecolo dans L’Echo. La conférence débat d’Aula Magna « En finir avec la ville de Bruxelles » a aussi secoué le cocotier, multiplié les réactions et influencé l’excellent dossier que l’Echo de ce WE a consacré à l’avenir de notre Ville-Région. L’apport des Bruxellois d’origine étrangère mis en valeur par les 10 rencontres du Festival Made in Bruxsel, organisé par nos amis de la Brussels  Academy, commence aussi à générer des articles qui ne présentent plus l’immigration seulement comme un problème. Happy Monday à toutes et tous !

Pour en savoir (encore) plus, vous pouvez vous procurer L’Echo Week End de ce samedi, qui ajoute notamment, les articles suivants:

 

La COCOF en question

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Il était temps, si l’on veut s’attaquer au mille-feuilles bruxellois, mais ce qui surprend, c’est que c’est la personne qui préside l’institution qui ose donner un coup de pied dans la fourmilière. Moi je ne suis pas surpris, ayant rencontré Julie de Groote à plusieurs reprises, elle ne m’a jamais caché son intention de mettre fin à la Cocof, sans se soucier de la discipline de groupe, de la plupart des groupes.

Ce n’est pas encore fait, ce n’est pas si simple de redistribuer les compétences qui sont les siennes, mais c’est à la portée du parlement, qui ne manque pas une occasion de dénoncer la complexité des institutions bruxelloises.

Julie de Groote a raison de mettre la question sur la table avant les élections. Merci à son courage. Les électeurs ont le droit de connaître la position des partis avant de leur attribuer leur voix. Et dans ce cas, c’est oui ou c’est non. La langue de bois et les « oui mais » ne sont pas de mise. Le Soir en dit plus.

Billet invité: « Non aux élections » par Jean-Pierre Wauters

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Un participant à la conférence-débat  » En finir avec la Ville des Bruxelles  »  a été frappé par l’écart entre la qualité de la réflexion d’Aula Magna et l’immobilisme des politiques. C’est, à son sens, un exemple de plus du dysfonctionnement structurel du modèle électif qu’on a vendu aux populations comme une démocratie. Les systèmes électoraux montrent partout leur incapacité à résoudre les problèmes dès qu’ils se complexifient.

Il pense qu’en tant que Bruxellois nous sommes en position privilégiée pour démontrer qu’une vraie démocratie est possible. C’est ce qu’il va expliquer dans un livre – encore à paraître  – et qu’il aborde succinctement dans le billet qu’il nous a communiqué.

Pour déjouer la défiance vis-à-vis des politiques, l’historien et écrivain belge David Van Reybrouck avait déjà prôné la démocratie délibérative, où des citoyens tirés au sort prêteraient main-forte aux élus. Et sur un mode plus polémique, Yvan Mayeur reprend la parole pour défendre la Ville.