Archives pour la catégorie Identité

Happy Monday: autour du genre et du corps

____________________________________________

Toujours à l’affût d’une bonne nouvelle à vous délivrer le lundi matin, je suis tombé sur deux articles courageux que signe Clémentine Barzin (Présidente des Femmes MR pour la Région Bruxelloise) et qui ne semblent pas avoir suscité d’opposition dans son parti. Un point de vue libéral et sans tabou autour du corps. L’usage qu’on en fait et l’identité qu’on lui attribue.

Le premier s’intitule Devenir soi par le genre, une question de libertés. L’autrice fait le point sur la situation des personnes transgenres qui sont nées dans un corps qui ne correspond pas leur vécu. Elle aligne les avancées notables qui ont contribué à leur épanouissement et celles qui restent à conquérir. « Il faut sans cesse expliquer aux gens. Briser les tabous. Trans, c’est un transit, un parcours. Une transition pour être au plus proche de soi » dit un parent qui fait part d’une réaction sans tabou de son fils, lors d’une réunion parents/élèves. Il l’a présentée en ces termes : « C’est mon père, c’est une femme, c’est ainsi ». Encore bien des obstacles administratifs et médicaux – souvent humiliants – à lire ICI  – et à éliminer avant de jouir de « la liberté et la fierté d’être tel que l’on est, sans l’obligation d’être tel que l’on naît ». 

Le second texte est une carte blanche « La prostitution à Bruxelles : une vision libérale » qu’elle signe avec Céline Vivier (MR aussi) et qui a paru dans La Capitale. Pour elles, il existe deux façons de penser la prostitution : le courant abolitionniste qui veut éradiquer la prostitution et le courant réglementariste en faveur d’une réglementation de la prostitution libre et volontaire.
Parmi d’autres, une question fait souvent polémique:  la vente du corps. Selon les partisans de l’éradication de la prostitution, qui dit prostitution dit vente du corps au cours de l’échange économico-sexuel. Cette logique consumériste du tout monnayable fait débat dans la mesure où l’on considère que le corps devrait sortir du circuit du profit et ne pas être une marchandise. Dans cette perspective, la prostitution est perçue comme responsable de la construction sociale de l’image de la femme en tant que simple objet sexuel à destination des hommes.
Pour les autrices, il est grand temps d’apporter une solution à la prostitution sauvage afin qu’un équilibre entre protection des droits des travailleurs.ses du sexe et qualité de vie des habitant(e)s et commerçant(e)s soit trouvé. Il est également temps d’adopter une approche globale en faveur de la lutte active contre le trafic des êtres humains et le proxénétisme, approche que nous ne pourrons pas adopter en continuant à associer ces réseaux et filières aux travailleurs/ses indépendant(e)s du sexe.

Comme de coutume, cet article est ouvert à vos commentaires.

Publicités

2048: Bruxsel sous eaux

Le calme d’une ville immergée, des images d’une douce étrangeté, l’exposition de l’artiste Areti Gontras – formée à la Cambre – imagine Bruxelles en 2048, après la fin de l’humanité.

Une véritable bande dessinée baroque représente le moment du choc, tandis que les vitraux évoquent le retour du calme après le réchauffement climatique, les ruines romantiques d’une ville désertée les pieds dans l’eau.

C’est à la chapelle de Boondael à Ixelles, seulement aujourd’hui et demain de 14 à 19 heures.

S’interroger sur le choix des langues

______________________________________

À Bruxelles, la deuxième langue enseignée par l’école est nécessairement le français – ou le néerlandais – avec les résultats que l’on connaît pour le néerlandais et que l’on attribue généralement à un enseignement dénué d’attrait, trop souvent dispensé par des professeurs francophones qui peinent à communiquer la richesse de la culture flamande et font face à la résistance de certains élèves qui préféreraient apprendre l’anglais, à une époque où jeunes francophones et néerlandophones communiquent de plus en plus en anglais.

La VRT publie le résumé en français d’une émission consacrée au désamour des francophones pour la langue néerlandaise, parlée par la majorité des citoyens du pays. Si en Flandre, le français est obligatoirement la seconde langue, en Wallonie les lycéens  ont le choix et seul 1 étudiant sur 3 choisit le néerlandais comme deuxième langue, contre 2 sur 3 il y a seulement 8 ans. Faudrait-il imposer le néerlandais comme seconde langue, vous lirez l’avis d’un prof d’unif, qui pense que ce qu’il faut c’est rendre le néerlandais plus attrayant. Henri Sagot disait: on n’apprend pas une langue que l’on n’aime pas. Un professeur de français de Flandre livre aussi son expérience.  » Notre aversion pour les francophones et la bourgeoisie n’a-t-elle pas pris des proportions telles que nous avons jeté d’un coup aux orties une culture qui a contribué à façonner notre éducation pendant des siècles ? « . Gazet Van Antwerpen écrivait déjà il y a 4 ans: les universitaires flamands obtiennent un score moyen de 35,9% en français en début de première année, le plus mauvais score jamais enregistré. »

À Bruxelles, où en sommes nous avec les écoles en immersion ? A quand des professeurs de néerlandais et de français native speakers ? Quand l’apprentissage ne s’arrêtera-t-il plus à la grammaire et à l’orthographe pour englober la culture dans laquelle baigne la langue ?

Mettre fin à la lasagne institutionnelle

________________________________________

La Région bruxelloise a le pouvoir de décider seule du sort d’un certain nombre de structures qui perturbent le bon fonctionnement de la Ville-Région. Notamment la fusion de ses dix-neuf communes en une seule, à condition d’en rester distincte et de conserver la tutelle sur elle. C’est ce qu’elle doit faire, disent les représentants d’Aula Magna, qui vous disent pourquoi et comment.

Nous attendions depuis longtemps les conclusions d’Aula Magna suite à la conférence débat provocante « En finir avec la Ville de Bruxelles ? », que vous avez été nombreux à suivre. Après réflexion, elles nos parviennent aujourd’hui sous la forme d’une carte blanche signée par trois de leurs représentants et publiée par Le Soir. N’occultant pas leur belle culture, mes amis d’Aula Magna l’ont intitulée : « Bruxelles-Janus: une commune unique et une Région »  en référence à ce dieu romain à deux têtes, qui évoque les commencements et les fins.

Extraits.
 » Berlin est une commune et une région (un Land). Vienne aussi. Bruxelles est une région – mais pas une commune : dix-neuf communes y cohabitent sur un petit territoire urbain. Il est temps de les fusionner en une seule, qui méritera alors pleinement le titre de Ville de Bruxelles. Un espace de vie qui deviendra ainsi gérable de manière plus efficace, plus cohérente, plus ambitieuse pour ses 1.200.000 habitants, pour ses nombreux navetteurs et pour ses innombrables visiteurs « .

Mais qu’en serait-il de la proximité avec le citoyen ?
 » Vienne, Berlin et Anvers ont créé en leur sein des districts, et Paris des arrondissements, qui traitent de questions plus locales et servent de lien avec les organes de la ville. De même, la Ville de Bruxelles issue de la fusion devra déléguer des compétences de proximité à des districts dirigés chacun par un conseil élu localement. Ceux-ci pourront correspondre en gros aux dix-neuf communes actuelles, de préférence un peu plus, en particulier si Haren, Laeken, et Neder-Over-Heembeek souhaitent retrouver leur autonomie ».

Mais il faut lire la suite ICI, le temps de lecture n’est que de 3 minutes.

Janus est le dieu romain des commencements et des fins, des choix, du passage et des portes1. Il est bifrons (« à deux têtes ») et représenté, avec une face tournée vers le passé, l’autre sur l’avenir. Il est fêté le 1er janvier. Son mois, Januarius (« janvier »), marque le commencement de la fin de l’année dans le calendrier romain2.

A’dam veut rendre la ville à ses habitants

__________________________________

La nouvelle majorité qui gouverne la ville n’y va pas par quatre chemins: elle veut rendre la ville aux habitants et remettre la voiture et les touristes à leur place.

Fini l’ouverture de nouveaux commerces de souvenirs, de snacks et de tout autre commerce destinés prioritairement aux touristes. La ville veut des commerces de proximité pour les habitants et des commerces spécialisés.

Les voitures occupent trop de place dans la ville. La majorité municipale veut plus de place pour les habitants et plus de verdure. Il sera interdit de construire de nouveaux parkings. Pour les visiteurs le prix max. du parking passe de 5 à 7,50 € l’heure. Les grands axes sont coupés pour éviter le transit par le centre. De nouvelles connections métros et bus vont être créées. Inutile de dire que – là comme ailleurs – les réactions sont partagées. Bruzz en Gazet van Antwerpen en disent plus.