Archives pour la catégorie Gouvernance

Happy Monday: Oui, nos idées percolent

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Des textes à lire aujourd’hui pour se réjouir. Oui, plusieurs de nos propositions de réforme commencent à percoler dans les médias et même dans certains partis.
Vous vous demandez parfois si ces billets et mes « soliloques ou mes incantations » servent à quelque chose ? Il est évident que si – après lecture de ce blog – des abonnés se mobilisaient pour s’indigner, agir, pétitionner, manifester, s’engager dans des partis ou en c-réer… le changement adviendrait plus vite. La seule prétention possible pour un blog, est de diffuser des points de vue critiques, de faire des analyses pour nourrir la société civile, pour interpeller la classe politique et la pousser mieux oeuvrer en faveur de l’intérêt général de tous les citoyens de Bruxelles. Nous sommes 520  » influenceurs «  à partager une partie des idées émises ici. Nous pourrions facilement être 1000. On en reparlera.

L’Appel des Bruxellois  – ook in het NL  & in EN – a été signé par plus de 10.000 citoyens actifs. Il remonte déjà à plus de 10 ans, mais  aujourd’hui, il semble encore être une source d’inspiration pour certains partis, comme le démontre la nouvelle carte blanche d’Ecolo dans L’Echo. La conférence débat d’Aula Magna « En finir avec la ville de Bruxelles » a aussi secoué le cocotier, multiplié les réactions et influencé l’excellent dossier que l’Echo de ce WE a consacré à l’avenir de notre Ville-Région. L’apport des Bruxellois d’origine étrangère mis en valeur par les 10 rencontres du Festival Made in Bruxsel, organisé par nos amis de la Brussels  Academy, commence aussi à générer des articles qui ne présentent plus l’immigration seulement comme un problème. Happy Monday à toutes et tous !

Pour en savoir (encore) plus, vous pouvez vous procurer L’Echo Week End de ce samedi, qui ajoute notamment, les articles suivants:

 

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Billet invité: « Non aux élections » par Jean-Pierre Wauters

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Un participant à la conférence-débat  » En finir avec la Ville des Bruxelles  »  a été frappé par l’écart entre la qualité de la réflexion d’Aula Magna et l’immobilisme des politiques. C’est, à son sens, un exemple de plus du dysfonctionnement structurel du modèle électif qu’on a vendu aux populations comme une démocratie. Les systèmes électoraux montrent partout leur incapacité à résoudre les problèmes dès qu’ils se complexifient.

Il pense qu’en tant que Bruxellois nous sommes en position privilégiée pour démontrer qu’une vraie démocratie est possible. C’est ce qu’il va expliquer dans un livre – encore à paraître  – et qu’il aborde succinctement dans le billet qu’il nous a communiqué.

Pour déjouer la défiance vis-à-vis des politiques, l’historien et écrivain belge David Van Reybrouck avait déjà prôné la démocratie délibérative, où des citoyens tirés au sort prêteraient main-forte aux élus. Et sur un mode plus polémique, Yvan Mayeur reprend la parole pour défendre la Ville.

Billet invité: Philippe Van Parijs et l’avenir de Bruxelles

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En attendant les conclusions que l’ensemble des membres d’Aula Magna vont tirer de la conférence-débat du 27 mars, nous publions déjà la synthèse et les conclusions personnelles de Philippe Van Parijs, qui animait le débat avec les représentants des partis politiques bruxellois. En voilà le prologue.

 »  Aula Magna vise à contribuer à faire de notre ville-Région un lieu où tous les Bruxellois puissent se sentir heureux et fiers de vivre. Ses efforts sont motivés par la conviction que, sans se prétendre plus savante ou vertueuse que les politiques, la « société civile » bruxelloise peut et doit jouer un rôle constructif dans l’élaboration, sans tabous ni polémiques, d’un projet ambitieux mais réaliste pour notre ville-Région « .

 » Si nous voulons que les institutions bruxelloises puissent se libérer de complications qui entravent leur bon fonctionnement, il importe de continuer à renforcer la confiance mutuelle à travers la frontière linguistique intra-bruxelloise. Faire de la dualité linguistique bruxelloise un atout plutôt qu’un obstacle est un aspect de l’utopie réaliste que nous devons aux Bruxellois d’aujourd’hui et de demain. C’est aussi une condition indispensable pour rendre réalistes beaucoup d’autres aspects de l’utopie dont nous avons besoin « .

 » Nous espérons en tout cas qu’à l’approche des élections communales, puis des élections régionales et fédérales, les partis se livreront concurrence non par la virulence des critiques qu’ils s’adresseront les uns aux autres, mais par l’enthousiasme qu’ils parviendront à susciter grâce à l’audace et à l’intelligence des visions d’avenir qu’ils auront à nous proposer. »

 

Fusionner les communes ?

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Alain Maskens fait partie du groupe de réflexion Aula Magna, qui réfléchit sur l’avenir de la Région de Bruxelles-Capitale. Il  se confie dans une brève interview à BX1 et se prononce en faveur de la fusion des 19 communes de la Région, en prenant l’exemple de la capitale française. « Paris a une plus grande visibilité grâce à sa structure avec un maire et plusieurs arrondissements. Il faut fusionner les 19 communes et déléguer certaines compétences locales, plus proches de la population, à des districts, comme des mairies d’arrondissement. Les districts sont déjà prévus par la Constitution et ont déjà été créés à Anvers ».

 » Former une grande commune, qui aura toutes les compétences municipales, des listes bilingues, où les étrangers auront le droit de vote s’ils résident depuis cinq ans au moins en Belgique.  […] Dans cette hypothèse, on en finit pas avec la Ville de Bruxelles, mais on la rend plus importante avec plus d’un million d’habitants. Il sera plus simple d’avoir une cohabitation entre une ville et une Région plutôt qu’une ville, 18 autres communes et une Région ».

Les listes bilingues pour les élections doivent devenir la norme à Bruxelles : « Il faut que les politiciens bruxellois cessent de se déterminer comme francophone ou néerlandophone. Ils sont invités à arrêter cette querelle linguistique et à se constituer comme partis bruxellois multilingues ».
L’interview complète est ICI.

Bruxelles: une vraie page blanche

billet invité: une carte blanche d’Henri Simons

En marge du débat « En finir avec la Ville de Bruxelles ? » vous trouverez ICI le point de vue d’Henri Simons, ancien premier échevin de Bruxelles Ville. Il se dit partisan d’une page blanche, mais alors vraiment blanche !

Il se demande « comment imaginer une ville sans son hinterland, sans son aéroport, sans son périphérique, sans ses habitants les plus aisés, sans les zones industrielles situées à Diegem, à Zaventem, à Vilvorde, et avec un schéma de mobilité ou une gestion de la sécurité artificiellement divisés ? ». Pour lui, revoir les frontières régionales est un préalable indispensable, sans pour autant revoir le tracé de la frontière linguistique qui susciterait des débats inextricables. On peut cependant imaginer que les provinces du Brabant wallon et du Brabant flamand, ne se résoudront pas facilement à laisser partir leurs habitants les plus fortunés vers la Région de Bruxelles …

C’est ensuite seulement qu’il aborde la question du nombre de communes, de leur composition, de leurs compétences face au « pôle central » que doit être la Région. Et pour finir, il estime qu’avec les 20 % du Produit national brut qu’elle génère, la dotation de la Région doit être revue, afin de lui permettre d’assumer ses responsabilités au profit de tous les citoyens de la Région et du pays.