Archives pour la catégorie Education

Premier festival de la démocratie

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Bruxelles connaîtra bientôt son premier festival de la démocratie. Une initiative qui entend replacer les citoyens au cœur du fonctionnement de la démocratie. Son cadre informel, ses traits culturels et des animations novatrices devraient participer au renforcement et à la revitalisation de la volonté des citoyens de s’impliquer et de s’engager dans l’élaboration des politiques. Ils sont conviés à y discuter de politique d’égal à égal avec les décideurs de tous types, mais aussi de culture, d’identité, de vivre-ensemble, et plus encore de leurs problèmes et de leurs passions. Un festival qui aimerait rendre la politique plus attrayante.
Le festival Jubel se tiendra à Bruxelles le samedi 22 septembre au Parc Léopold.

Les festivals de démocratie existent déjà dans plusieurs pays d’Europe. Ils s’inspirent de l’expérience de la Suède où, en 1968, Olof Palme créait le premier d’entre eux. Depuis, les cinq pays nordiques, les trois pays baltes, mais aussi les Pays-Bas et l’Allemagne ont suivi. A Bruxelles il s’appuie fortement sur la société civile, en coopération avec tous les acteurs institutionnels concernés. Pour faire la différence, il se doit d’être inclusif. Toutes les parties prenantes actives dans le domaine de la démocratie européenne ont été consultées pour co-construire le projet.

L’Union européenne, en désamour avec ses citoyens, a évidemment bien compris qu’elle ne pouvait rater ce rendez-vous pour être plus à l’écoute de sa population. Cette première année, qui sera un prototype, devrait être la première étape d’un processus de réflexion et d’action sur l’UE en général. Un nouvel espace de discussion démocratique et d’intelligence collective inédit qui devrait avoir des retombées sur l’avenir du projet démocratique européen et le fonctionnement actuel de l’Union.

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Et si la guerre des participes en cachait une autre ?

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Vous lirez ICI l’essentiel de ce qui s’est dit et publié à propos du pavé que deux linguistes belges, – soutenus par la fédération Wallonie-Bruxelles – lancent dans la mare tranquille et historique de l’accord des participes. Ils veulent une simplification de cet accord avec l’auxiliaire avoir, qu’ils jugent « obsolète et compliqué jusqu’à l’absurde ». Vous vous souviendrez qu’elle stipule que le participe s’accorde en genre et en nombre avec le complément d’objet direct uniquement quand celui-ci le précède … mais avec plusieurs pages d’exceptions recensées dans le Grevisse.

Les élèves se demandent: pourquoi avant et pas après? Souvent, les enseignants savent expliquer comment on accorde, mais pas pourquoi. La réponse (étonnante), vous la trouverez ICI.  L’incohérence des règles empêche les enseignants de donner du sens à leur enseignement, constatent les linguistes Arnaud Hoedt et Jérôme Piron, qui plaident pour une invariabilité pure et simple du participe passé avec l’auxiliaire avoir. Il s’agit de proposer – et non d’imposer – cette règle nouvelle, mais il faut cesser de sanctionner ceux qui ne commettent aucune faute en l’appliquant. N’en déplaise à l’Académie française, qui n’est pas composée de linguistes : «  L’orthographe n’est pas la langue, mais l’outil graphique qui permet de transmettre, de retranscrire la langue, comme les partitions servent la musique ».

De telles améliorations rationnelles de la langue – sans perte de sens – ont toute leur importance à Bruxelles, où plus de la moitié des citoyens n’ont pas le français pour langue maternelle, mais font l’effort d’apprendre la lingua franca qui nous permet de communiquer entre Bruxellois. Il ne s’agit aucunement d’un nivellement par le bas, mais de retrouver la logique de la langue, plutôt que de s’accrocher à des  » usages «  que rien de sérieux ne justifie. Une bataille des petits Belges contre le conformisme et la belle assurance d’Immortels qui ne sont jamais parvenus à produire une grammaire décente.

Happy Monday: une démission salutaire

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La démission de Nicolas Hulot n’est pas une vraie surprise et ne serait qu’un événement anecdotique de la politique spectacle française si les réactions ne s’étaient pas faites aussi nombreuses, allant jusqu’à évoquer la question de l’habitabilité de la planète qui n’évolue pas au même rythme que l’humain qui est en train d’imposer à la nature son propre rythme (Jean Faniel) sans tenir compte des limites physiques de l’environnement dans lequel il s’opère. Les scientifiques s’expriment fermement, Emanuel Macron reçoit Cohn Bendit, Guy Verhofstat sort du bois, Angela Merkel dit savoir, le philosophe Dominique Bourg (dont nous reparlerons) tonne, même L’Echo éditorialise … Toute l’Europe est face à son immobilisme et les USA face à leur régression, alors que les signaux sont au rouge et que la classe politique ne peut l’ignorer.

Est-ce vraiment une bonne nouvelle en ce Happy Monday ? On peut en douter quand Boualem Sansal dit dans Le Soir « Le jour où les ressources vitales à l’humanité (eau, air, électricité et nourriture de base) viendront à manquer, nous serons devant le plus grand défi de notre histoire : nous devrons nous entretuer pour qu’une minorité survive » mais il ajoute heureusement « ou nous unir et construire un nouveau monde, un monde de survie ». C’est une question vitale et il est grand temps que tous les partis politiques aient un chapitre très sérieux de leur programme électoral consacré à l’environnement, au développement durable, qui soit à la hauteur des enjeux et qui soit cohérent avec le reste.

« Pour lever les freins au changement, on a besoin de tout le monde. Il y a des enjeux qui méritent de voir au-delà de l’intérêt partisan. Il faut que différents acteurs politiques, acteurs sociaux, institutionnels, se rendent compte qu’on doit faire une union sacrée sur des objectifs très importants «  (Jean-Michel Javaux in L’Echo). Le citoyen aussi peut se mobiliser, parfois descendre dans la rue et bien sûr changer ses comportements. Un devoir vis à vis de la nouvelle génération.  » S’il y a quelque chose qui a fait bouger, qui a renforcé la mobilisation positive de la société civile et des citoyens, c’est le film « Demain » (Christophe Schoune IEW) que vous pouvez voir ou revoir ICI sur Youtube.

 

 

Ni interdiction, ni obligation …

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Il y a quelques années déjà, des jeunes filles de culture musulmane – voilées et non voilées – défilaient dans les rues de Bruxelles avec ce calicot à propos du voile:  » Ni interdiction. ni obligation « . L’interdiction du port du voile par les élèves dans certaines écoles a inévitablement conduit à la création d’écoles musulmanes. L’obligation faite à des jeunes filles de porter le voile sur injonction de leur père ou de leurs frères, les a privées de leur liberté d’expression.

Dans un pays qui fait de la neutralité de l’Etat un socle de son fonctionnement, peut-on cependant imaginer une policière, un juge ou une enseignante portant le foulard, la kippa ou le turban ou une croix en or ? Le citoyen aura-t-il encore le sentiment d’être traité en toute indépendance ? Pour moi, l’interdiction de signes convictionnels pour les employé.e.s de la fonction publique en contact avec les citoyens s’impose, dans l’intérêt de tous.

Il y a trois ans, Actiris a dû adapter son règlement suite au recours d’un employée devant le tribunal du travail, contre le règlement qui avait interdit le voile en 2013. Depuis, les employées qui le souhaitent peuvent porter le voile, même si elles occupent des fonctions en contact avec le public. Certains estiment que ce principe de neutralité débouchait en réalité sur de l’exclusion. Ce n’est pas mon avis, mais vous trouverez ICI un article de la RTBF qui aborde cette question.

Happy Monday : des citoyens bilingues heureux

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C’est à Bienne / Biel en Suisse. L’ambiance y est au vivre ensemble. Vous arrivez dans un monde où vous pouvez parler dans la rue en français, on vous répond en allemand et cela semble tout à fait normal. Vous pouvez mettre vos enfants dans des écoles qui encouragent très fortement la connaissance de la langue sœur. Et depuis peu, une filière entièrement bilingue (Fibi) a été créée. Son succès est tel que l’établissement qui en est à l’origine n’arrive pas à répondre à la demande. Bienvenue à « Biel/Bienne », le nom officiel de la localité.

Et pourtant, il y a 40 ans, un tel programme n’était pas à l’ordre du jour.  » Les linguistes recommandaient de ne parler qu’une seule langue en disant que, dans le cas contraire, les enfants ne sauraient pas à quel saint se vouer en termes linguistiques. À l’époque, dans les familles où on parlait deux langues, on n’en choisissait qu’une en abandonnant l’autre. De nos jours, on considère que c’est une richesse culturelle et d’intégration qui participe aussi à une plus grande plasticité du cerveau, d’où des facilités à apprendre d’autres langues », explique Virginie Borel, directrice du Forum du bilinguisme, une fondation créée par la ville de Bienne en 1996.

Que pensent les Suisses alémaniques de cette parité de plus en plus prégnante à Bienne ? Est-ce qu’ils redoutent la « tache d’huile« , à l’image de certains Flamands ? L’article de La Libre répond à cette question et à quelques autres, qui ne manquent pas d’intérêt pour les Bruxellois.e.s.