Archives pour la catégorie Education

Happy Monday: autour du genre et du corps

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Toujours à l’affût d’une bonne nouvelle à vous délivrer le lundi matin, je suis tombé sur deux articles courageux que signe Clémentine Barzin (Présidente des Femmes MR pour la Région Bruxelloise) et qui ne semblent pas avoir suscité d’opposition dans son parti. Un point de vue libéral et sans tabou autour du corps. L’usage qu’on en fait et l’identité qu’on lui attribue.

Le premier s’intitule Devenir soi par le genre, une question de libertés. L’autrice fait le point sur la situation des personnes transgenres qui sont nées dans un corps qui ne correspond pas leur vécu. Elle aligne les avancées notables qui ont contribué à leur épanouissement et celles qui restent à conquérir. « Il faut sans cesse expliquer aux gens. Briser les tabous. Trans, c’est un transit, un parcours. Une transition pour être au plus proche de soi » dit un parent qui fait part d’une réaction sans tabou de son fils, lors d’une réunion parents/élèves. Il l’a présentée en ces termes : « C’est mon père, c’est une femme, c’est ainsi ». Encore bien des obstacles administratifs et médicaux – souvent humiliants – à lire ICI  – et à éliminer avant de jouir de « la liberté et la fierté d’être tel que l’on est, sans l’obligation d’être tel que l’on naît ». 

Le second texte est une carte blanche « La prostitution à Bruxelles : une vision libérale » qu’elle signe avec Céline Vivier (MR aussi) et qui a paru dans La Capitale. Pour elles, il existe deux façons de penser la prostitution : le courant abolitionniste qui veut éradiquer la prostitution et le courant réglementariste en faveur d’une réglementation de la prostitution libre et volontaire.
Parmi d’autres, une question fait souvent polémique:  la vente du corps. Selon les partisans de l’éradication de la prostitution, qui dit prostitution dit vente du corps au cours de l’échange économico-sexuel. Cette logique consumériste du tout monnayable fait débat dans la mesure où l’on considère que le corps devrait sortir du circuit du profit et ne pas être une marchandise. Dans cette perspective, la prostitution est perçue comme responsable de la construction sociale de l’image de la femme en tant que simple objet sexuel à destination des hommes.
Pour les autrices, il est grand temps d’apporter une solution à la prostitution sauvage afin qu’un équilibre entre protection des droits des travailleurs.ses du sexe et qualité de vie des habitant(e)s et commerçant(e)s soit trouvé. Il est également temps d’adopter une approche globale en faveur de la lutte active contre le trafic des êtres humains et le proxénétisme, approche que nous ne pourrons pas adopter en continuant à associer ces réseaux et filières aux travailleurs/ses indépendant(e)s du sexe.

Comme de coutume, cet article est ouvert à vos commentaires.

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L’enseignement francophone sous la loupe

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Les études PISA, c’est lui. Andreas Schleicher est à la tête de la direction « Education et compétences » de l’OCDE. Benoît Mathieu de L’Echo l’interroge, parce que son regard embrasse les méthodes et compétences de quelque quatre-vingts systèmes d’éducation de par le monde. Attendez-vous à de multiples comparaisons et balayez les lieux communs: ils ont plus d’argent, payent mieux leurs professeurs ou ont moins d’élèves par classe.

Tout ce qu’affirme – un peu vite – Andreas Schleicher mériterait d’être approfondi, mais je ne vous cache pas mon enthousiasme pour la vision globale qu’il porte sur l’enseignement.  » Vous avez des élèves du XXIe siècle, des enseignants et une pédagogie du XXe et une organisation du travail du XIX « . Ce dont la société a besoin, c’est de citoyens. Éclairés. Cultivés. Critiques. Polyglottes. Ayant appris à douter, à remettre en question et à apprendre. On en parle ICI, mais vous en saurez déjà plus en lisant son  interview, En voilà un avant-goût.

« Le monde ne vous récompense plus pour ce que vous savez; Google sait tout.
Le monde vous estime pour ce que vous êtes capables de faire de ce que vous savez. Il s’agit d’être en mesure de mobiliser vos facultés cognitives, sociales et émotionnelles pour réaliser quelque chose, ou résoudre un problème de façon collaborative. De la créativité et de l’imagination, deux compétences fondamentales. Le hic, c’est qu’elles ne s’acquièrent pas si l’élève est cantonné dans le rôle du consommateur, assis derrière un bureau écrasé par une estrade, ou rivé sur un écran ». L’apprentissage doit faire sens et se fonder sur la pédagogie active – dont je suis un partisan – parce qu’il permet aux élèves d’expérimenter par eux-mêmes et de conclure.

2048: Bruxsel sous eaux

Le calme d’une ville immergée, des images d’une douce étrangeté, l’exposition de l’artiste Areti Gontras – formée à la Cambre – imagine Bruxelles en 2048, après la fin de l’humanité.

Une véritable bande dessinée baroque représente le moment du choc, tandis que les vitraux évoquent le retour du calme après le réchauffement climatique, les ruines romantiques d’une ville désertée les pieds dans l’eau.

C’est à la chapelle de Boondael à Ixelles, seulement aujourd’hui et demain de 14 à 19 heures.

S’interroger sur le choix des langues

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À Bruxelles, la deuxième langue enseignée par l’école est nécessairement le français – ou le néerlandais – avec les résultats que l’on connaît pour le néerlandais et que l’on attribue généralement à un enseignement dénué d’attrait, trop souvent dispensé par des professeurs francophones qui peinent à communiquer la richesse de la culture flamande et font face à la résistance de certains élèves qui préféreraient apprendre l’anglais, à une époque où jeunes francophones et néerlandophones communiquent de plus en plus en anglais.

La VRT publie le résumé en français d’une émission consacrée au désamour des francophones pour la langue néerlandaise, parlée par la majorité des citoyens du pays. Si en Flandre, le français est obligatoirement la seconde langue, en Wallonie les lycéens  ont le choix et seul 1 étudiant sur 3 choisit le néerlandais comme deuxième langue, contre 2 sur 3 il y a seulement 8 ans. Faudrait-il imposer le néerlandais comme seconde langue, vous lirez l’avis d’un prof d’unif, qui pense que ce qu’il faut c’est rendre le néerlandais plus attrayant. Henri Sagot disait: on n’apprend pas une langue que l’on n’aime pas. Un professeur de français de Flandre livre aussi son expérience.  » Notre aversion pour les francophones et la bourgeoisie n’a-t-elle pas pris des proportions telles que nous avons jeté d’un coup aux orties une culture qui a contribué à façonner notre éducation pendant des siècles ? « . Gazet Van Antwerpen écrivait déjà il y a 4 ans: les universitaires flamands obtiennent un score moyen de 35,9% en français en début de première année, le plus mauvais score jamais enregistré. »

À Bruxelles, où en sommes nous avec les écoles en immersion ? A quand des professeurs de néerlandais et de français native speakers ? Quand l’apprentissage ne s’arrêtera-t-il plus à la grammaire et à l’orthographe pour englober la culture dans laquelle baigne la langue ?

Happy Monday: BEL expo for next generation

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Bruxelles Environnement ex (IBGE) a eu la bonne idée de créer BELEXPO , une exposition sur la ville de demain, centrée sur un avenir durable pour Bruxelles et entièrement dédiée à une nouvelle génération de Bruxellois. Conçue comme une expérience interactive très ludique et destinée prioritairement aux enfants de 10 à 14 ans, cette exposition permanente – unique en Europe –  propose aux jeunes de tester de nouvelles habitudes de vie: se déplacer plus facilement, manger mieux, se loger avec moins d’énergie, inventer des projets pour son école ou son quartier…

Grâce à un bracelet, compagnon de visite, le jeune visiteur découvre des missions et peut agir pour améliorer la vie en ville et lui donnera peut-être envie de prolonger ses actions à l’école ou en famille et d’en savoir plus en consultant internet. BX1 y consacre un petit reportage.

Cela se passe au siège de Bruxelles Environnement dans son bâtiment familièrement appelé « le grille-pain », juste à côté de Tour et Taxis. L’accès à l’expo est gratuit et les écoles seront sans doute aussi nombreuses à y amener les jeunes que les familles et les mouvements de jeunesse.