Archives pour la catégorie Economie

Nos bourgmestres face à l’aéroport

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Le patron de Brussels Airport Company – Arnaud Feist –  ne néglige aucun moyen pour pouvoir développer l’aéroport urbain de Zaventem, propriété d’une société privée – dont le capital est détenu majoritairement par une banque australienne et un Fonds de pensions canadien – qui lui demande de poursuivre l’expansion de cet aéroport, malgré sa mauvaise localisation à 2 km de la Région la plus densément peuplée du pays.

Arnaud Feist va prendre la parole à la Conférence des Bourgmestres pour présenter son plan de développement, il mentionnera certainement les  » milliers de nouveaux emplois directs et indirects «  qu’il va générer. Tous nos bourgmestres ne maîtrisent pas bien ce dossier, en particulier ceux dont le territoire n’est pas (encore) survolé de jour comme de nuit.

Les associations de défense des Bruxellois survolés s’attendent à un certain nombre de contre-vérités, pour ne pas dire de mensonges, en vue de convaincre nos bourgmestres de ne pas s’opposer à cette expansion et de ne pas exiger d’expropriations, ni d’indemnisations pour les victimes. L’association Coeur-Europe a apporté réponse ICI  à  26 mensonges de Monsieur Feist et les a envoyés aux 19 bourgmestres. Il leur a aussi suggéré 6 mesures pratiques pour lutter contre les nuisances sonores. L’UBCNA apporte encore ICI quelques informations complémentaires.

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Happy Monday : les Bruxellois sont plus entreprenants

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Il n’y a jamais eu autant de Bruxellois à se lancer en tant qu’indépendants. C’est ce qui ressort des  chiffres d’Unizo et de l’agence Graydon. Un bon job aux Chemins de fer ou à la Poste ne semble plus être le rêve des Bruxellois. Selon Bruzz, ils ont été 12.461 à créer leur entreprise  en 2017 et la créativité était souvent au rendez-vous.

Le gouvernement bruxellois propose une prime de 4.000€ – dégressive sur 6 mois – pour inciter les demandeurs d’emploi à l’entrepreneuriat. Il vient aussi de créer HUB Brussel, une sorte de guichet unique qui va regrouper Atrium, Impulse et Invest et Export, dont le job sera d’aider ceux qui veulent créer leur propre job. La presse relaie des avis partagés sur la formule.

Il se pourrait qu’une nouvelle génération de jeunes entrepreneurs soit davantage motivée par des projets qui ont du sens, que par des projets qui génèrent simplement du profit. Une responsable de MolenGeek écrit: Entre « marger » sur un produit ou un service acheté puis revendu et impacter de manière positive la société, le choix est fait pour une génération qui intègre dans ses projets des concepts d’économie circulaire, de développement durable ou encore de travail décent. Gagner sa vie, oui, mais pas à n’importe quel prix et surtout pas n’importe comment.
Chez ING on écrit  « Notre apport se situe surtout dans l’accompagnement davantage que dans le financement, Creatis nous permet de bien comprendre cet écosystème culturel et créatif qui est très particulier ».  Leurs contributions sont ICI.

Happy Monday: Une nouvelle vie pour la gare maritime

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L’Echo révèle les détails du projet et ses illustrations. Désaffectée depuis 30 ans près de Tour et Taxis, la gare maritime de Bruxelles et sa charpente métallique unique – longue de près de 300 mètres – va retrouver une affectation et offrir aux Bruxellois la plus grande rue couverte de la ville. Elle accueillera, bien évidemment, des bureaux aux étages, mais en bas, surtout des entreprises et des commerces centrés sur les métiers de bouche et notamment une ‘Food Academy’, avec des ateliers de formation pratique et même un nouveau Master reconnu en sciences alimentaires (de la fourche à la poubelle), avec un volet très éthique autour de l’art culinaire. Des discussions sont en cours avec les universités pour élaborer ce programme.

Dans le projet, soumis à concertation publique sur base du Plan particulier d’affectation du sol (PPAS) précédemment délivré, un bloc important (20.000 m²) du futur ensemble doit aussi être affecté à des équipements d’intérêt collectif. Pour ce bloc, le promoteur est en discussions avancées avec la Région bruxelloise. On parle d’une antenne d’enseignement pour adultes.  » Il y aura également des jardins productifs et éducatifs sur les toits « .

C’est une bonne nouvelle pour ce lundi, mais ne soyons pas naïfs, actuellement c’est avant tout le projet ambitieux d’un promoteur en recherche de permis. Le rêve pourrait bien se heurter à la nécessaire rentabilité du projet. Il faudra aussi s’assurer  qu’il ne finisse pas par s’apparenter à un mall commercial supplémentaire, entre Dockx et Néo. De plus, ce projet s’implante dans un quartier en pleine mutation, dont la population existante n’est pas nécessairement intéressée et ne dispose pas des moyens pour accéder à l’offre promise.

Nos chers taxis bruxellois

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Les taxis bruxellois constituent une des alternatives à la voiture individuelle en vue d’une mobilité plus fluide. Ils viennent, une fois de plus, de prendre les Bruxellois en otage ce mardi pour tenter de survivre à de nouvelles formes de transport rémunéré – dont Uber – mais surtout pour préserver le monopole dont ils disposent anormalement depuis des années et dont la plupart ont largement profité et souvent abusé. Le journal De Tijd y consacre un article de fond que Daardaar a traduit pour vous.

 » En soi, le combat pour leur survie peut se comprendre. Personne n’apprécie de voir soudainement s’écrouler le monde qui lui a permis de gagner sa vie pendant des années. La Région bruxelloise leur a accordé des licences exclusives pour pouvoir fournir un service de taxi « . Des licences qui se revendent entre eux jusqu’à 100.000 euros, mais qui sont retombées à 30.00 euros depuis l’arrivée d’Uber.

L’absence de concurrence explique un tarif unique, permet à certains taxis de refuser de courses trop courtes, de ne pas accepter une carte de crédit, de ne pas donner de souche valable, de stationner n’importe où, de refuser le taximètre intelligent de la Région, …  Leur permet aussi d’exercer un lobbying inacceptable auprès du gouvernement. Ils demandent la démission de Pascal Smet, qui tente – depuis un certain temps – de mettre de l’ordre dans la profession et d’imposer des règles à l’activité d’Uber, mais sans interdire cette nouvelle forme de transport rémunéré née de l’Internet. Des membres du gouvernement prennent le parti des taxis contre Uber et Pascal Smet, plutôt que contre cette situation de monopole qui a cependant démontré ses limites. Les Bruxellois en seront les victimes.

Un geste architectural et écologique

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Un immeuble de bureau gris, qui a mal vieilli, va connaître une cure de jeunesse, face à la place Rogier à côté de City2. Pas de démolition, ni de gravats inutiles, la structure sera maintenue, mais sera modernisée, habillée d’un nouveau costume et recouverte d’un toit de 800 m2 en panneaux solaires transparents, qui abritera un jardin de ville suspendu qui fournira 30% de l’électricité nécessaire au bâtiment. Les architectes promettent une vue surprenante sur la ville. C’est Bruzz qui l’annonce.

Le bureau d’architecture Ney & Partners en SunsoakDesign est le concepteur du projet Bota Solar qui a séduit les propriétaires, qui procéderont aussi à la rénovation de la surface commerciale stratégique, à cheval sur la rue Neuve et le boulevard du Jardin Botanique. Tout devrait être prêt en 2019.

A la vitesse où les immeubles deviennent obsolètes, ne serait-il pas indispensable que – dès la conception – tout nouvel immeuble de grand gabarit intègre la possibilité d’être aisément reconverti en vue d’autres fonctions ? Moins de gaspillage de matières premières, moins de gravats à enfouir et moins de charroi à travers la ville. Si vous n’êtes pas convaincus, allez assister à la spectaculaire démolition du Parking 58 près de la place De Brouckère.