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Quel tourisme pour Bruxelles ?

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Quand on mesure les difficultés auxquelles les habitants de Berlin, Venise, Amsterdam ou Paris sont confrontés, il est temps de s’interroger sur le type de tourisme que Bruxelles doit développer. La nouvelle échevine du Tourisme de la Ville de Bruxelles affirme ne vouloir miser que sur un tourisme de niche et non sur un tourisme de masse. Karine Lalieux estime aussi que les touristes doivent être mieux répartis dans la ville.  Pas évident quand elle est limitée au territoire de la commune de Bruxelles et qu’à ce sujet on n’entend pas beaucoup Rudi Vervoort, pourtant en charge du Tourisme à la Région.

Easyvoyage rapporte qu’Amsterdam vient de prendre la décision de refuser l’installation de tout nouveau commerce ciblant spécifiquement la clientèle des touristes. Cela va des boutiques de souvenirs aux bed & breakfast en passant même par les marchands qui vendent de la nourriture à consommation immédiate, comme le relate fort bien The Guardian. Il serait intéressant de voir comment Bruxelles pourrait s’en inspirer, malgré le principe acquis de la liberté du commerce.

La transformation de maisons affectées au logement en hébergements touristiques est aujourd’hui réglementée par la Région. Le cabinet de l’Urbanisme de la Ville nous précise que: si l’appartement ou le studio a une affectation – logement – il ne peut y avoir de permis airbnb ou chambre d’hôte. Le PRAS interdit expressément la suppression de logement. Très peu sont actuellement en règle d’un point de vue urbanistique. La Ville n’a rien contre les touristes mais n’est pas d’accord que l’offre de logement soit réduite alors que déjà insuffisante. Et Karine Lalieux d’ajouter : je ne veux pas demain que le Pentagone ne soit qu’un grand hôtel.

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Un conglomérat de métis

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Suite aux courants régionalistes et sécessionnistes qui se développent en Europe, il est peut-être nécessaire de rappeler qu’une démocratie mature doit fonder sa légitimité sur l’adhésion des entités qui la composent. Nous sommes loin de l’obligation et de la contrainte. Cette adhésion se mérite et se négocie.

En 1912, Jules Destrée, adressait au roi Albert 1er une lettre intitulée Séparation de la Wallonie et de la Flandre. Elle débute par cette phrase célèbre: « Sire, vous régnez sur deux peuples. Il y a, en Belgique, des Wallons et des Flamands, il n’y a pas de Belges ».
Mais ce n’est pas tout, les « Wallons et les Flamands de Bruxelles » vont en prendre pour leur compte:  » Une seconde espèce de belges s’est formée dans le pays, et principalement à Bruxelles. Mais elle est vraiment peu intéressante. Elle semble avoir additionné les défauts des deux races, en perdant leurs qualités. Elle a pour moyen d’expression un jargon innommable dont les familles Beulemans et kakebroek ont popularisé la drôlerie imprévue … Cette population de la capitale, dont quelques échantillons épars existent en province, n’est point un peuple; c’est un conglomérat de métis. « 

Essai. Les États-nations et les identités nationales perdent de leur importance par rapport aux nouvelles entités régionales, supranationales et mondiales. Bruxelles semble s’inscrire dans ce courant en optant pour la tendance postnationaliste. Les habitants de Bruxelles ne se considèrent pas comme une nation, mais plutôt comme un peuple composé de personnes d’origines diverses qui vivent en société sur un territoire déterminé et construisent progressivement leur propre « civilisation ».

L’avenir de la Bourse est fixé

Si vous êtes intéressé par ce débat urbain qui a fait rage à Bruxelles pendant des mois, nous faisons le point. Après bien des discussions à propos de ce bâtiment emblématique et populaire, après une enquête publique, une pétition et la réunion de la Commission de concertation, un avis favorable vient d’être émis pour la rénovation de la Bourse et de son affectation à plusieurs fonctions dont le Belgian Beer World, des salles d’expositions temporaires, un accès à l’espace archéologique, des commerces et des sanitaires que vous pouvez visualiser sur cette vidéo de BX1.

Un avis favorable – mais assorti de plusieurs conditions – que vous trouverez ICI et qui sont commentées par la presse et des associations citoyennes ICI. Si vous êtes très curieux, vous pouvez aussi accéder ICI aux nombreux « considérant » qui relatent de nombreuses questions pertinentes soulevées par les participants à la réunion de concertation.

La Bourse est un bâtiment édifié avec de l’argent public et ne peut être privatisé. Le bourgmestre garantit que la gestion du bâtiment sera bien assurée par une structure dans lequel le pouvoir public sera majoritaire. La Bourse sera plus accessible qu’avant aux Bruxellois et aux visiteurs et la grande nef restera disponible pour des expositions temporaires comme aujourd’hui. Seul l’espace Beer World sera payant. Certains regrettent cependant que la question essentielle de l’affectation n’a jamais fait l’objet d’un véritable débat et craignent une disneylandisation du centre ville.

Démolir pour construire

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En ville, pour construire il faut démolir. Se pose la question de savoir ce qu’il faut conserver et ce qui peut être détruit. Hier soir, à la Tour Philips à De Brouckère, plus de 100 personnes s’interrogeaient sur le futur des constructions de l’après-guerre qui arrivent en fin de vie. Lesquelles doivent faire partie de notre patrimoine architectural ? Lesquelles peuvent être rénovées pour être affectées à d’autres fonctions ? Lesquelles doivent disparaître sans négliger la question des déchets et des milliers de camions qui vont circuler en ville pour les évacuer vers où ?

Pour ma part, il fallait conserver la Tour Martini, emblématique d’une véritable ville dans la ville avec son théâtre, ses logements, ses commerces, ses bureaux ses salles d’expositions avec parking et sa terrasse panoramique. Par contre, Ville et Région n’ont elles pas eu tort d’accorder à la Tour Philips le droit de rénover un bâtiment qu’on n’aurait jamais dû autoriser sur des boulevards haussmanniens ? Quant à des chefs d’œuvre, témoins de l’architecture de l’après-guerre, comme Glaverbel, la Royale Belge ou ING, ne devraient-ils pas être classés ?

Ce débat ne soulève-t-il pas aussi la question des possibilités de réaffectation qui devrait se poser dès les départ lors de toute nouvelle construction, lorsque l’on voit à quelle vitesse des constructions comme le parlement européen ou le temple de la KBC sont devenues obsolètes ou inadaptées ? La Région est-elle sérieuse lorsqu’elle favorise la construction d’immenses parkings de dissuasion dont la hauteur sous plafond réduite ne permettra aucune réaffectation quand la voiture individuelle appartiendra au passé ?

Le Spielberg de Molenbeek

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Le magazine américain Time vient d’inscrire dans sa prestigieuse liste ‘Next Generation Leaders’ le bruxellois d’adoption Adil El Arbi, qu’il qualifie allègrement de « Spielberg de Molenbeek ».
Il faut se réjouir avec les jeunes de voir le futur de Molenbeek bénéficier d’une nouvelle image qui commence à se distancier du « trou à rat » proféré par Donald Trump.

Adil s’est fait connaître en 2015 avec son long métrage « Black » tourné en français à Bruxelles et dont il a assuré la régie avec Bilal Falah. Après le succès de leur dramatique bruxellois, le duo a été demandé pour le tournage du blockbuster hollywoodien Beverly Hill Cop 4 avec Eddie Murphy. Rien de moins.

Adil est d’origine flamande et marocaine et habite Berchem Sainte-Agathe. Il a étudié le cinéma au campus Sint-Lukas (nl), une section de la Hogeschool voor Wetenschap en Kunst à Bruxelles, où il côtoie Bilall Fallah avec qui il coréalisera tous ses films et vous en saurez encore plus ICI.