Archives pour la catégorie Culture

Sans voitures, mais pas sans événements

Nous étions habitués aux nombreuses animations qui émaillent joyeusement la journée sans voiture bruxelloise dont Bruxelles champêtre bio, le Waterbus gratuit sur le canal, le Bike Circusde très nombreuses initiatives communales et citoyennes dans les quartiers, le lancement de la semaine de la Mobilité  et même la présence bienvenue des nouveaux acteurs de la mobilité alternative.  Aujourd’hui certains se demandent s’il est judicieux de programmer à le même WE une série d’événements supplémentaires que les Bruxellois ne pourront suivre tant l’offre est multiple

Faut-il absolument que la riche Journée du Patrimoine se tienne le même jour ? Cette année on y ajoute la Fête de la bande dessinée au parc de Bruxelles et sa Balloons Parade , le Salon Bike Brussels à Tour et Taxi , Folklorissimo à la Grand-Place, Zotday et ses sports extrêmes à la Bourse, Wanderlust – Brussels Beer Project Beer Festival à l’avenue du port, le Eye Contact Experiment au parc de Bruxelles … et j’en passe, parfois des plus inédits.

Faites votre choix et un beau dimanche quand même à toutes les Bruxelloises et les Bruxellois curieux et motivés par l’avenir de leur ville.

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Une nouvelle place Royale

©Photo News

Le futur de Bruxsel repose aussi sur le respect que nous accordons à son passé. La place Royale, on y passe souvent, mais on s’y arrête peu. Son rond-point chaotique, sa traversée à pied plutôt pénible, ses trottoirs anguleux, son éclairage lugubre ne poussent pas à la flânerie et pas une terrasse n’invite à la contemplation de ses belles façades classiques.
Cela va changer. Une demande de permis de Beliris est sur la table du gouvernement et une enquête publique est en cours.

Le projet du lauréat du concours international ne fait pas que des adeptes. Vous verrez ICI de beaux montages évoquant la nouvelle place dans La Capitale, mais aussi dans L’Echo, les réactions face à l’occasion manquée d’y établir une piste cyclable et – une fois de plus –  la multiplicité des intervenants institutionnels qui se rejettent la balle.

Dans la DH, l’association Quartier des Arts donne ICI un avis tranché et demande à revoir la copie. Elle souhaiterait transformer la place en un véritable lieu de rencontre et d’animation, fluidifier le trafic et repenser les matériaux utilisés pour la réfection de la voirie, mais surtout effacer les coins où se garent les voitures, pour les mettre à disposition des piétons et des terrasses. Comme le montre clairement la photo ci-dessous, un ovale suffirait à la circulation et la vie pourrait renaître rapidement sur cette place résolument stérile.

Vous pouvez envoyer un mail à la Commission de concertation avant le 15 septembre pour donner votre avis ou contacter Michel Van Roye, un lecteur assidu du blog qui est aussi le secrétaire général de Quartier des Arts au 0475 44 81 81

 

 

Premier festival de la démocratie

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Bruxelles connaîtra bientôt son premier festival de la démocratie. Une initiative qui entend replacer les citoyens au cœur du fonctionnement de la démocratie. Son cadre informel, ses traits culturels et des animations novatrices devraient participer au renforcement et à la revitalisation de la volonté des citoyens de s’impliquer et de s’engager dans l’élaboration des politiques. Ils sont conviés à y discuter de politique d’égal à égal avec les décideurs de tous types, mais aussi de culture, d’identité, de vivre-ensemble, et plus encore de leurs problèmes et de leurs passions. Un festival qui aimerait rendre la politique plus attrayante.
Le festival Jubel se tiendra à Bruxelles le samedi 22 septembre au Parc Léopold.

Les festivals de démocratie existent déjà dans plusieurs pays d’Europe. Ils s’inspirent de l’expérience de la Suède où, en 1968, Olof Palme créait le premier d’entre eux. Depuis, les cinq pays nordiques, les trois pays baltes, mais aussi les Pays-Bas et l’Allemagne ont suivi. A Bruxelles il s’appuie fortement sur la société civile, en coopération avec tous les acteurs institutionnels concernés. Pour faire la différence, il se doit d’être inclusif. Toutes les parties prenantes actives dans le domaine de la démocratie européenne ont été consultées pour co-construire le projet.

L’Union européenne, en désamour avec ses citoyens, a évidemment bien compris qu’elle ne pouvait rater ce rendez-vous pour être plus à l’écoute de sa population. Cette première année, qui sera un prototype, devrait être la première étape d’un processus de réflexion et d’action sur l’UE en général. Un nouvel espace de discussion démocratique et d’intelligence collective inédit qui devrait avoir des retombées sur l’avenir du projet démocratique européen et le fonctionnement actuel de l’Union.

Et si la guerre des participes en cachait une autre ?

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Vous lirez ICI l’essentiel de ce qui s’est dit et publié à propos du pavé que deux linguistes belges, – soutenus par la fédération Wallonie-Bruxelles – lancent dans la mare tranquille et historique de l’accord des participes. Ils veulent une simplification de cet accord avec l’auxiliaire avoir, qu’ils jugent « obsolète et compliqué jusqu’à l’absurde ». Vous vous souviendrez qu’elle stipule que le participe s’accorde en genre et en nombre avec le complément d’objet direct uniquement quand celui-ci le précède … mais avec plusieurs pages d’exceptions recensées dans le Grevisse.

Les élèves se demandent: pourquoi avant et pas après? Souvent, les enseignants savent expliquer comment on accorde, mais pas pourquoi. La réponse (étonnante), vous la trouverez ICI.  L’incohérence des règles empêche les enseignants de donner du sens à leur enseignement, constatent les linguistes Arnaud Hoedt et Jérôme Piron, qui plaident pour une invariabilité pure et simple du participe passé avec l’auxiliaire avoir. Il s’agit de proposer – et non d’imposer – cette règle nouvelle, mais il faut cesser de sanctionner ceux qui ne commettent aucune faute en l’appliquant. N’en déplaise à l’Académie française, qui n’est pas composée de linguistes : «  L’orthographe n’est pas la langue, mais l’outil graphique qui permet de transmettre, de retranscrire la langue, comme les partitions servent la musique ».

De telles améliorations rationnelles de la langue – sans perte de sens – ont toute leur importance à Bruxelles, où plus de la moitié des citoyens n’ont pas le français pour langue maternelle, mais font l’effort d’apprendre la lingua franca qui nous permet de communiquer entre Bruxellois. Il ne s’agit aucunement d’un nivellement par le bas, mais de retrouver la logique de la langue, plutôt que de s’accrocher à des  » usages «  que rien de sérieux ne justifie. Une bataille des petits Belges contre le conformisme et la belle assurance d’Immortels qui ne sont jamais parvenus à produire une grammaire décente.

Agir rapidement pour la planète

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En complément du billet d’hier, nous découvrons un article dans Le Monde qui revient sur l’urgence à agir, parce que « l’effondrement est en cours. La sixième extinction massive se déroule à une vitesse sans précédent (…) mais il n’est pas trop tard pour éviter le pire (…) Toute action politique qui ne ferait pas de la lutte contre ce cataclysme sa priorité concrète, ne serait plus crédible. De très nombreux autres combats sont légitimes, mais si celui-ci est perdu, aucun ne pourra plus être mené ».

Face au plus grand défi de l’histoire de l’humanité, 200 personnalités ont lancé un appel pour sauver la planète. D’Alain Delon à Patti Smith, tous ont répondu à l’appel de Juliette Binoche et de l’astrophysicien Aurélien Barrau pour une action politique « ferme et immédiate » face au changement climatique. C’est une question de survie.

Un lecteur du blog propose que dorénavant tout projet public ou privé d’envergure fasse non seulement l’objet d’une évaluation financière, mais aussi d’un calcul permettant de chiffrer son impact environnemental, positif ou négatif.