Archives pour la catégorie Commerce

Un geste architectural et écologique

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Un immeuble de bureau gris, qui a mal vieilli, va connaître une cure de jeunesse, face à la place Rogier à côté de City2. Pas de démolition, ni de gravats inutiles, la structure sera maintenue, mais sera modernisée, habillée d’un nouveau costume et recouverte d’un toit de 800 m2 en panneaux solaires transparents, qui abritera un jardin de ville suspendu qui fournira 30% de l’électricité nécessaire au bâtiment. Les architectes promettent une vue surprenante sur la ville. C’est Bruzz qui l’annonce.

Le bureau d’architecture Ney & Partners en SunsoakDesign est le concepteur du projet Bota Solar qui a séduit les propriétaires, qui procéderont aussi à la rénovation de la surface commerciale stratégique, à cheval sur la rue Neuve et le boulevard du Jardin Botanique. Tout devrait être prêt en 2019.

A la vitesse où les immeubles deviennent obsolètes, ne serait-il pas indispensable que – dès la conception – tout nouvel immeuble de grand gabarit intègre la possibilité d’être aisément reconverti en vue d’autres fonctions ? Moins de gaspillage de matières premières, moins de gravats à enfouir et moins de charroi à travers la ville. Si vous n’êtes pas convaincus, allez assister à la spectaculaire démolition du Parking 58 près de la place De Brouckère.

 

 

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La revitalisation de la ville

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Peu après sa naissance, la Région s’est lancée dans un vaste projet de revitalisation de ses quartiers anciens, en visant à la fois leur réhabilitation physique, leur dynamisation sociale et économique. Avec la collaboration de l’Etat fédéral (Beliris) et des communes, elle a créé les « Contrats de quartier » aujourd’hui appelés  » Contrats de quartier durables «  dotés de budgets considérables de l’ordre de 25 millions par contrat et censés donner forme à la ville.

A l’occasion des 25 ans d’existence ce programme – qui compte plus de 20 contrats principalement situés sur Bruxelles Ville  – le Centre international pour la Ville, l’Architecture et le Paysage (Fondation CIVA) s’est lancé dans un travail de recherche et de réflexion autour de la politique des contrats de quartiers bruxellois. Ce travail se concrétise par une exposition qui se tient au CIVA jusqu’au 15 avril et qu’il sera intéressant de découvrir, malgré le nom peu engageant de « Operational Aesthetic », suivant une habitude nouvelle et discutable qui privilégie l’anglais pour ne pas devoir utiliser le français et le néerlandais.

En faisant des communes les maîtres d’œuvre de ces projets de revitalisation, certains estiment que la Région a largement perdu la maîtrise des opérations et les communes se sont parfois avérées peu équipées pour les piloter. De multiples changements d’échevins, des fonctionnaires peu habitués à gérer ce genre d’opération et des bureaux d’étude pas toujours au fait de la situation ont été cause d’importants retards, de pertes de budgets et de communication pas toujours aisée avec la population « bénéficiaire » parfois victime d’excès de gentrification. Pas sûr que l’exposition aborde cet aspect des choses. On en reparlera.

 

Good news

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Je ne vais pas attendre lundi pour vous communiquer une première bonne nouvelle: les aides publiques aux indépendants et PME qui lancent ou étendent une activité à Bruxelles ne pourront plus servir à acheter des véhicules polluants.

La RTBF annonce que c’est à l’initiative de Jef Van Damme (SP.A), que les parlementaires bruxellois ont voté cette résolution à une large majorité. La norme Euro 6 sera le minimum et à terme il leur faudra atteindre l’écoscore le plus ambitieux.

C’est la moindre des choses avec de l’argent public,  mais le message est passé au gouvernement en plein salon de l’auto, que le roi a cru de son devoir d’inaugurer …

A propos de nos besoins essentiels

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Commentaire suite à l’article De quoi avons-nous besoin ?
 » J’imagine que ce sociologue juge indispensable d’abattre un arbre pour imprimer son livre et de brûler du pétrole pour le distribuer … On pourrait en rire si ce genre de réflexion ne portait inévitablement en germe un projet totalitariste. »

Théo

Théo Linder a raison d’attirer l’attention sur les risques évoqués d’un pouvoir totalitaire qui déciderait souverainement de nos besoins essentiels autorisés.
En cas de pénurie, nous acceptons cependant que l’Etat régule la consommation par le biais du rationnement et aujourd’hui, tous les États démocratiques se mêlent déjà des habitudes de consommation de leurs citoyens au travers des taxes et des taux de TVA qu’ils appliquent à différents produits et service. Le fait-il d’une manière éco-responsable ? taxe-t-il suffisamment la consommation des produits de luxe ? des produits nocifs pour la santé (comme les boissons trop sucrées)? des produits manifestement superflus ?

Si le taux normal de la TVA est fixé chez nous à 21%, l’Etat a prévu un taux 0 pour les matériaux de récupération, pour la presse (mais pas celle en ligne, pourquoi ?) … et pour les billets d’avion ! Il a aussi établi un taux réduit de 6% pour des biens et des services de première nécessité comme l’alimentation (mais pas le caviar et les homards …), parmi lesquels on trouve assez curieusement les objets d’art originaux, les antiquités, les hôtels et les engrais, même chimiques … Et puis un taux réduit de 12% où l’on trouve la margarine ainsi que les “houilles”, alors que l’usage des énergies fossiles devrait être découragé.

Conclusion personnelle: si l’Etat se mêle de notre consommation, il doit le faire à bon escient, à la fois dans l’intérêt de la planète et aussi en vue de favoriser l’accès pour tous aux produits de nécessité vitale comme l’eau et l’alimentation de base,, notamment grâce à une taxation plus lourde des biens et services non essentiels.

De quoi avons-nous besoin ?

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De quoi avons-nous réellement besoin ? Qu’est-ce qui nous est indispensable ?
C’est une réflexion amorcée par le sociologue Razmig Keucheyan dans Le Monde Diplomatique au moment où l’épuisement incontestable des ressources naturelles devrait nous imposer de faire des choix à la fois individuels et collectifs.

Le Manifest négaWat qu’il cite, distingue les besoins humains légitimes, qu’il faudra donc continuer à satisfaire, et les besoins artificiels, illégitimes, dont il faudra se défaire. Le premier groupe comprend ceux qu’ils qualifient de « vitaux », « essentiels », « indispensables », « utiles » et « convenables ». Le second, ceux qu’ils jugent « accessoires », « futiles », « extravagants », « inacceptables », « égoïstes ».

 Si la population ne veut pas que cette transition écologique dégage des relents maoïstes ou soviétiques, il faudra que les choix qui la sous-tendent emportent l’adhésion à partir d’une « critique collective de la vie quotidienne ». Ensuite seulement, la puissance publique pourra taxer suffisamment les besoins futiles pour pouvoir démocratiser les besoins authentiques.

La fin des privilèges et de l’égoïsme ? Vous imaginez la révolution ?