Archives de l’auteur : Yvan Vandenbergh

A propos Yvan Vandenbergh

Citoyen bruxellois engagé, passionné par l'avenir de notre Ville-Région

David Buckel est-il mort pour rien ?

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David Buckel était un avocat américain militant de 60 ans. Il s’est immolé par le feu samedi dernier dans un parc de New York pour dénoncer les conséquences de l’usage des énergies fossiles sur notre environnement.  » Ma mort prématurée au moyen d’un carburant fossile reflète ce que nous sommes en train de nous faire à nous-mêmes « . Un acte ultime et radical qui ne peut nous laisser indifférents et devrait nous pousser à exiger plus de courage de la part de nos décideurs politiques pour tenir tête aux lobbies et faire de la capitale de l’Europe une ville exemplaire. David Buckel ne peut être mort pour rien.

Huffingtonpost reproduit le texte de David Buckel publié par le New York Times :  » La pollution ravage notre planète et répand l’instabilité à travers l’air, le sol, l’eau et la météo. La plupart des humains sur la planète respirent maintenant un air rendu insalubre par les carburants fossiles et beaucoup, en conséquence, mourront prématurément « .

Le Monde ajoute:  » David Buckel précise qu’il est en bonne santé, mais qu’il souhaite attirer l’attention de ses contemporains sur l’importance de passer à des actions plus conséquentes pour la défense de l’environnement. « Avoir des buts honorables dans la vie invite à avoir des buts honorables dans la mort », déclare-t-il. Il exprime enfin l’espoir que « donner une vie puisse attirer l’attention » sur « la nécessité de donner une voix à notre maison, la Terre ». En souhaitant qu’elle « soit entendue ».

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Nos bourgmestres face à l’aéroport

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Le patron de Brussels Airport Company – Arnaud Feist –  ne néglige aucun moyen pour pouvoir développer l’aéroport urbain de Zaventem, propriété d’une société privée – dont le capital est détenu majoritairement par une banque australienne et un Fonds de pensions canadien – qui lui demande de poursuivre l’expansion de cet aéroport, malgré sa mauvaise localisation à 2 km de la Région la plus densément peuplée du pays.

Arnaud Feist va prendre la parole à la Conférence des Bourgmestres pour présenter son plan de développement, il mentionnera certainement les  » milliers de nouveaux emplois directs et indirects «  qu’il va générer. Tous nos bourgmestres ne maîtrisent pas bien ce dossier, en particulier ceux dont le territoire n’est pas (encore) survolé de jour comme de nuit.

Les associations de défense des Bruxellois survolés s’attendent à un certain nombre de contre-vérités, pour ne pas dire de mensonges, en vue de convaincre nos bourgmestres de ne pas s’opposer à cette expansion et de ne pas exiger d’expropriations, ni d’indemnisations pour les victimes. L’association Coeur-Europe a apporté réponse ICI  à  26 mensonges de Monsieur Feist et les a envoyés aux 19 bourgmestres. Il leur a aussi suggéré 6 mesures pratiques pour lutter contre les nuisances sonores. L’UBCNA apporte encore ICI quelques informations complémentaires.

Fusionner les communes ?

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Alain Maskens fait partie du groupe de réflexion Aula Magna, qui réfléchit sur l’avenir de la Région de Bruxelles-Capitale. Il  se confie dans une brève interview à BX1 et se prononce en faveur de la fusion des 19 communes de la Région, en prenant l’exemple de la capitale française. « Paris a une plus grande visibilité grâce à sa structure avec un maire et plusieurs arrondissements. Il faut fusionner les 19 communes et déléguer certaines compétences locales, plus proches de la population, à des districts, comme des mairies d’arrondissement. Les districts sont déjà prévus par la Constitution et ont déjà été créés à Anvers ».

 » Former une grande commune, qui aura toutes les compétences municipales, des listes bilingues, où les étrangers auront le droit de vote s’ils résident depuis cinq ans au moins en Belgique.  […] Dans cette hypothèse, on en finit pas avec la Ville de Bruxelles, mais on la rend plus importante avec plus d’un million d’habitants. Il sera plus simple d’avoir une cohabitation entre une ville et une Région plutôt qu’une ville, 18 autres communes et une Région ».

Les listes bilingues pour les élections doivent devenir la norme à Bruxelles : « Il faut que les politiciens bruxellois cessent de se déterminer comme francophone ou néerlandophone. Ils sont invités à arrêter cette querelle linguistique et à se constituer comme partis bruxellois multilingues ».
L’interview complète est ICI.

Beaubourg débarque à Bruxelles

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Citroën à peine parti, « Kanal Centre Pompidou », ouvrira déjà ses portes le samedi 5 mai pour une grande exposition de pré-ouverture. Elle contiendra plus de 300 œuvres prêtées par le Centre Pompidou, sculptures et installations. Pas de tableaux: l’hygrométrie n’est pas adéquate dans les locaux encore bruts de Citroën. Il y aura César, Tinguely, Rauschenberg, Juan Gris, Calder, Broodthaers, … et dix œuvres commandées à des artistes bruxellois.

Nous avons souvent dénoncé le manque d’ambition de Bruxelles. Là, l’argent n’a pas manqué pour acquérir les lieux, reloger Citroën, se lancer dans une (très) lourde rénovation. Et puisque le fédéral a refusé de prêter la fabuleuse collection d’art moderne qui croupit dans ses caves, un plantureux contrat de 10 ans a « dû »  être signé avec le Centre Pompidou et ses conseillers artistiques rémunérés à Paris. Certains ne sont pas loin de considérer qu’on va assister à une « colonisation française »  consensuelle, alors que « l’extraordinaire acuité du Belge et son intérêt pour l’art contemporain « est cependant reconnue à Paris.

Bernard Blistène, le patron du Musée d’Art Moderne du Centre Pompidou, sera à la manoeuvre. Il s’agit manifestement d’un grand Monsieur, avec une réflexion et une vision d’avenir. Il s’exprime dans une interview exclusive accordée au Soir« Il est plus difficile de collectionner l’art du temps présent que l’art du passé. Cela procède toujours d’une forme de pari sur le futur ». « L’un des vieux débats de Bruxelles, c’est de ne pas avoir constitué une grande collection d’art moderne et contemporain, alors que tout était là pour le faire : l’extraordinaire acuité du Belge et son intérêt pour l’art contemporain. Les plus grandes collections étaient là, les gens, même des institutions, les conservateurs ne demandaient que cela mais ils n’avaient pas les moyens. Donc l’idée de constituer les prémices d’une collection d’aujourd’hui est un des axes importants de cette exposition ». « Les œuvres sélectionnées sont celles d’artistes déjà bien repérés et qu’il était temps de pouvoir acquérir. Et puis l’opération sera renouvelée régulièrement, on verra véritablement s’établir une collection, et ça, c’est formidable  ».  « Créer un musée est un acte politique. C’est le lieu des consciences ».

Le futur projet ©D.R. Le Soir

Happy Monday : les Bruxellois sont plus entreprenants

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Il n’y a jamais eu autant de Bruxellois à se lancer en tant qu’indépendants. C’est ce qui ressort des  chiffres d’Unizo et de l’agence Graydon. Un bon job aux Chemins de fer ou à la Poste ne semble plus être le rêve des Bruxellois. Selon Bruzz, ils ont été 12.461 à créer leur entreprise  en 2017 et la créativité était souvent au rendez-vous.

Le gouvernement bruxellois propose une prime de 4.000€ – dégressive sur 6 mois – pour inciter les demandeurs d’emploi à l’entrepreneuriat. Il vient aussi de créer HUB Brussel, une sorte de guichet unique qui va regrouper Atrium, Impulse et Invest et Export, dont le job sera d’aider ceux qui veulent créer leur propre job. La presse relaie des avis partagés sur la formule.

Il se pourrait qu’une nouvelle génération de jeunes entrepreneurs soit davantage motivée par des projets qui ont du sens, que par des projets qui génèrent simplement du profit. Une responsable de MolenGeek écrit: Entre « marger » sur un produit ou un service acheté puis revendu et impacter de manière positive la société, le choix est fait pour une génération qui intègre dans ses projets des concepts d’économie circulaire, de développement durable ou encore de travail décent. Gagner sa vie, oui, mais pas à n’importe quel prix et surtout pas n’importe comment.
Chez ING on écrit  « Notre apport se situe surtout dans l’accompagnement davantage que dans le financement, Creatis nous permet de bien comprendre cet écosystème culturel et créatif qui est très particulier ».  Leurs contributions sont ICI.