Archives de l’auteur : Yvan Vandenbergh

A propos Yvan Vandenbergh

Citoyen bruxellois engagé, passionné par l'avenir de notre Ville-Région

La leçon catalane

in L’Echo

Des extraits de l’éditorial « Le droit et l’adhésion » de Fréderic Rohart dans L’Echo éclairent une situation inédite, qui n’est pas sans intérêt pour la Belgique fédérale. « Madrid est dans son droit, Barcelone est dans son tort. L’État de droit est inaliénable. L’Europe, qui ne connaît que des Etats, ne peut (et ne veut) défendre les Catalans. L’Union fragilisée, ne peut se permettre le démantèlement anarchique de ses États-nations. Elle cherche la convergence et n’a rien à céder aux régions les plus riches, poussées par avarice à s’affranchir de l’indispensable solidarité nationale. »

Pourtant, l’Europe doit défendre la démocratie. L’adhésion des régions passe par le dialogue. Madrid et Barcelone ne comprennent pas cela. Et l’Europe risquerait gros à laisser l’Espagne et la Catalogne continuer de maintenir le couvercle de la casserole fermé et de voir si l’autre éteindra le feu qui couve. Demander à des millions de Catalans de respecter un cadre qu’ils n’acceptent plus, sans dialogue pour le faire évoluer, c’est leur demander d’accepter un lien de vassalité. »

Pour Bruxelles aussi, l’aventure catalane est pleine d’enseignements, pas seulement pour la Flandre, l’Ecosse et autres nations séparatistes. Un surcroît d’autonomie sera sans doute demandé par la Flandre dans le cadre d’une 7è réforme de l’Etat qu’elle souhaite, mais que certains partis francophones refusent. A Bruxelles, des voix se font entendre pour cette nouvelle réforme qui dresserait les contours d’une Belgique basée sur 4 Régions autonomes et solidaires, dans laquelle Bruxelles serait une Ville-Région à part entière, débarrassée de la tutelle bicommunautaire et d’institutions superfétatoires.

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Le revenu cadastral, une autre vache sacrée

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Suite à l’article de L’Echo, plutôt centré sur la situation wallonne, je me hasarde dans un domaine que je ne maîtrise pas très bien. Face au silence, il faut bien que quelqu’un aille au feu.

C’est le fédéral qui détermine le revenu cadastral d’un immeuble, notamment en fonction de sa localisation, de son niveau d’équipement et de confort. La dernière remise à niveau générale des revenus cadastraux du pays date de … 1975. C’est dire si le parc immobilier de Bruxelles a bien changé depuis et la base d’imposition inadaptée et injuste, malgré une indexation qui a débuté en 1991 pour pallier cette carence.

C’est important pour Bruxelles, parce que l’Etat fédéral ristourne une (petite) partie de ces revenus à la Région et une plus importante à nos communes. C’est dire si une péréquation cadastrale serait à la fois juste et productrice de moyens dont la Région et les communes sont en demande pour répondre à de nouvelles attentes citoyennes.

Depuis 1975, il n’en a donc plus été question. Matériellement c’est compliqué et donc cher à mettre en œuvre sur le terrain. Politiquement, c’est très sensible dans un pays où  plus de trois habitants sur quatre sont propriétaires. Bref, à la veille des élections fédérales personne n’a envie de s’y coller. C’est un peu comme pour les voitures de société. Cinq minutes de courage politique ?

20% des jeunes Bruxellois en errance

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Entre 18 à 24 ans, un Bruxellois sur cinq n’est ni à l’école ni au travail. « Vous avez bien lu : ni en formation, ni en enseignement, ni en emploi. » s‘émeut Béatrice Delvaux dans son édito publié par Le Soir.

« Ce groupe flottant, sans perspective et pourtant quasi adulte, baptisé « Neet » par les Anglo-Saxons, est la véritable bombe qui vit au cœur de notre société francophone. Comment en effet considérer autrement la masse de ces jeunes, qui « errent » en ce moment-clé où ils devraient bâtir – ou trouver – une confiance dans l’avenir et en eux-mêmes par l’insertion dans un milieu professionnel, la perception d’un salaire. Gagner sa vie, accumuler de l’expérience, être reconnu, contribuer à la société, développer sa personnalité et ses connaissances : sans ces éléments, pas de stabilité psychologique et sociale. »

Ces statistiques sont consternantes. Pour les jeunes qui les vivent au quotidien, comme pour la société bruxelloise qui se prive ainsi de ressources humaines inutilisées, pendant qu’elle importe un flux de 400.000 navetteurs par jour.

Il y a longtemps que les Etats Généraux de Bruxelles ont dénoncé cette situation, mais elle n’a pas vraiment évolué. La Communauté française n’y est pas pour rien, elle qui enregistre une situation presque similaire en Wallonie. C’est intolérable. Cela reste toléré.

Politique de l’air attaquée en justice

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Cinq parents inquiets pour la santé de leurs enfants, ont décidé de porter leur action en justice pour contraindre la Région bruxelloise à adopter des mesures plus contraignantes, plus efficaces et plus rapides. Client-Earth, une organisation internationale spécialisée dans le droit de l’environnement, les représente dans cette affaire. Le procès a lieu ce jeudi au tribunal de première instance néerlandophone de Bruxelles. Jugement mi-janvier.

La zone de basses émissions qui entre en vigueur le 1er janvier 2018 est un « pas dans la bonne direction, mais c’est trop peu et trop tard », estime leur avocat Ugo Taddei. D’ici un an, seuls 9 % des véhicules seront interdits de circulation dans la capitale. Client-Earth demande au tribunal d’obliger la Région bruxelloise de développer et mettre en place un plan de la qualité de l’air avec des mesures concrètes et pas seulement des déclarations politiques.

Bruzz met aussi en évidence les interpellations qui ont lieu à ce sujet au parlement bruxellois. Elles peuvent aussi se résumer par « Trop peu et trop tard ».
Vous trouverez ICI les articles de La Libre et Bruzz à ce sujet.

Pagaille et désolation ?

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J’espère que vous avez bien profité du répit que je vous ai laissé pendant quelques jours ?
Ce n’est pas faute d’informations relatives au futur de la ville, mais plutôt parce qu’il y en avait trop. Un temps nécessaire pour prendre du recul par rapport à ces divers événements et commencer à en évaluer l’impact en matière de cohabitation, de qualité de vie et d’image.

Les débordements qu’ont connu un certain nombre de rassemblements – infiltrés par des casseurs – assez vite qualifiés « d’émeutes » ont fait la une de tous les médias. La presse flamande a été quasi unanime à s’en servir pour affirmer que les autorités bruxelloises n’étaient pas capables de gérer leur capitale. Vous verrez un édito de Béatrice Delvaux qui prend ses distances et une interview de Philippe Close qui demande plus de moyens pour recruter des policiers, plutôt que les mesures spectaculaires évoquées par le fédéral. La police relate que de nombreux jeunes identifiés sont des récidivistes bien connus qui ont été appréhendés pour des faits similaires, mais relâchés par la Justice. Et pour finir, le témoignage de deux citoyens d’origine marocaine qui ont honte de leurs compatriotes  « sportifs ».

Faudra aussi faire le point sur tout ce qui se dit pour le moment sur la pollution de la ville : des déchets triés passés à l’incinérateur sans distinction, 95 nouveaux camions à ordures au diesel commandés par la Région, une enquête sur l’air des écoles, l’aéroport enfin condamné par la justice pour non-respect des normes de bruit bruxelloises et les réactions du Taal Aktie Komitee (TAK) illustrées ci-dessous par Bruzz …