C’est la faute aux parents

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Aujourd’hui, la N.VA n’est plus seule à dire que ce sont les parents issus de l’immigration qui sont responsables de l’échec de leurs enfants, plusieurs partis s’y mettent et les médias aussi. De Standaard (traduit par Daardaar) et De Morgen (version non abonné) s’interrogent cependant à ce sujet et la La Première (RTBF) aussi en ajoutant:  » et si ce n’était pas l’origine mais le niveau de revenus qui était la cause de ces échecs? « .

S’ils ne parlent pas bien la langue du pays d’accueil, les parents peuvent-ils l’apprendre à leurs enfants ? Pour moi c’est non. Qu’ils leur parlent correctement leur langue maternelle comme support de leur pensée et que l’école se charge de leur enseigner un néerlandais ou un français corrects. Ils seront vite bons bilingues et même trilingues si l’école développe des méthodes adéquates, dont j’ai déjà eu l’occasion de m’entretenir avec vous.

L’enseignement demeure l’outil d’intégration par excellence, mais il n’offre pas les mêmes chances à tous les élèves. La Commission européenne parle même de ségrégation.  Les enfants qui ne maîtrisent pas bien la langue de l’école n’échouent pas seulement en langue mais souvent aussi dans les autres matières, faute de bonne compréhension. Les ministres compétents peuvent-ils se contenter d’épingler la situation ou vont-ils agir pour que cela change ?

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3 réflexions au sujet de « C’est la faute aux parents »

  1. de Potter Véronique

    La faute aux parents, non, mais il y a une grave lacune en Belgique francophone en ce qui concerne l’éducation des primo-arrivants ne parlant ni le français ni le néerlandais et, pour certains, ne sachant ni lire ni écrire. Il est urgent et impératif de mettre en place une formation gratuite et obligatoire (je souligne obligatoire) comprenant l’apprentissage d’une de nos langues nationales, une formation civique à notre législation et à nos us et coutumes et, pour ceux qui en ont besoin, une alphabétisation. Obligatoire, parce que je connais des maris qui refusent que leur femme suive ce genre de formation plutôt que de rester à la maison entre casseroles et serpillières. Obligatoire, parce que j’ai vu, plus d’une fois, dans une école primaire bruxelloise, des enfants devant jouer les interprètes entre les enseignants et leurs parents. Obligatoire, parce que les parents n’ayant pas reçu de formation ne sont pas capables d’aider leurs enfants dans leur parcours scolaires et ne sont pas en mesure d’assister aux réunions de parents et lire les documents remis par l’école. Obligatoire, enfin, parce que cela permettrait aussi aux parents d’augmenter leurs chances de trouver un emploi correct et aussi de vivre en bonne intelligence avec leurs voisins. Cette obligation ne serait pas une punition mais au contraire un précieux service qui leur serait rendu. Au Danemark, tout qui vient séjourner à long terme dans le pays – travailleur, étudiant ou réfugié – doit suivre 5 heures de danois par semaine, aux frais de l’État danois. Reste le problème (pour lequel je n’ai pas de solution à proposer) de la télévision, avec les antennes paraboliques qui permettent de capter une foultitude de chaînes étrangères, ce qui n’incite pas à regarder des émissions dans une de nos langues nationales.

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    1. Edouard DE LOVINFOSSE

      Ce jeudi matin j’ai rencontré une connaissance dans le métro qui m’expliquait qu’elle allait, en qualité de bénévole, donner des cours de langues via une ASBL qui vise à promouvoir la condition de la femme dans notre société. Elle me citait le cas d’une personne de 40 ans, mère de 6 enfants (elle a été mariée à l’âge de 16 ans) et qui serait bientôt grand-mère. Cette femme ne sait ni lire ni écrire, malgré le fait qu’elle soit en Belgique depuis de nombreuses années. Il est évident que ses enfants ont entamé leur scolarité avec un handicap énorme par rapport à ceux dont les parents parlent la langue de l’école à la maison. Je rejoins le point de vue de Véronique de Potter qui plaide pour des formations obligatoires à suivre par toute personne qui obtiendrait le droit de résider de façon permanente sur le territoire belge.
      C’est bien de prendre l’Etat danois en exemple. Seulement il faut savoir que la dette publique du Danemark est inférieure à 35 % de son PIB, alors que celle de la Belgique est proche de 106 % du PIB. Autrement dit, si un Etat dispose de moyens financiers pour offrir des formations aux nouveaux arrivants, l’autre croule sous une dette colossale.

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  2. erwindeclerck

    C’est tout-à-fait juste ! La ministre flamande de l’enseignement n’est pas bien placée pour pointer le doigt vers les parents d’origine allochtone. Mais l’inverse est faute aussi. On ne gouverne pas la société (seulement) par décret. Et donc un bon fonctionnement de l’enseignement est aussi une responsabilité des parents. Peu importe leurs origines ou leur statut social. Etre défavorisé, d’ailleurs, n’est pas pour chacun une raison pour ne pas prendre ses responsabilités. Ce sont des circonstances atténuantes mais pas une exemption… A mon avis ils sont innombrables les parties qui peuvent être tenu comme responsables à cette situation pénible…

    Erwin

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