Vivre ensemble de Uccle à Molenbeek

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Les événements dramatiques vécus par Bruxelles ont mis au centre du débat public et politique la question du vivre-ensemble dans la ville. Ils ont favorisé une prise de conscience accrue du fait que cette ville fragmentée et segmentée doit impérativement changer de mode de réflexion et d’action si l’on veut faire en sorte que chaque Bruxellois parvienne à se sentir membre à part entière d’une société urbaine dans une petite ville mondiale. C’est Eric Corijn, philosophe de la culture, sociologue, géographe, directeur de Brussels Academy et membre (très) actif d’Aula Magna qui l’affirme dans une interview pour Paris Match.

Il se livre à une analyse détaillée de l’évolution de la ville et des causes de l’échec d’un nouveau vivre-ensemble qu’on ne construit pas dans une ville comme on construit celui d’un pays. Ce sont deux entités fondamentalement différentes. Un pays se bâtit sur une histoire commune, qui fonde l’identité nationale. Les urbains n’ont pas de racines communes puisqu’ils sont tous, d’une certaine manière, de nouveaux arrivants. Sans passé commun, ils doivent se forger un destin commun et donc un imaginaire prospectif. Dans ce sens, une ville est une société post-nationale.

La sociologie fortement mélangée et métissée de Bruxelles est niée par les institutions (imposées à cette Région – ndlr), qui maintiennent artificiellement une sorte d’apartheid. Bruxelles s’est pourtant transformée en une ville-monde. Elle est à présent d’une autre nature que le reste du pays en dépit du fait qu’elle demeure sa capitale. Or, cette réalité fondamentale n’est pas exprimée au travers d’un projet urbain collectif. En alimentant elles-mêmes le communautarisme, les Communautés flamande et française sont mal placées pour aller dire aux autres de ne pas vivre en communauté …

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Une réflexion au sujet de « Vivre ensemble de Uccle à Molenbeek »

  1. Antonio Ponte

    Vos analyses sont toujours aussi intéressantes. Parmi les projets qui visent cet objectif du vivre-ensemble qui marchent, je retiendrais la Zinneke Parade qui tous les deux ans fait oeuvrer ensemble Flamands, Francophones, immigrés, demandeurs d’asile, personnes moins valides, et tous ceux qui ont envie de participer à un projet commun pour donner de Bruxelles une image d’entente entre ses habitants qui, loin de s’enfermer entre eux, ouvrent grandes les portes de la collaboration à toutes les bonnes volontés venues de Flandre, de Wallonie et d’ailleurs…

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