Happy Monday: les Bruxellois veulent une ville plus verte

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Le futur de Bruxelles sera vert ou ne sera pas. Ce n’est pas la victoire des femmes et des hommes politiques d’Ecolo que je salue, mais la victoire d’un avenir plus sain et plus durable que ce parti met en avant. Alors qu’aux communales on vote pour des gestionnaires, ici les Bruxellois ont voté massivement pour un programme, pour une politique. Il est particulièrement réjouissant et rassurant de constater cette victoire saluée par la presse au lendemain du rapport alarmant du GIEC.

La plupart des communes vont devoir mettre davantage de vert à leur programme, pas seulement des espaces verts, mais surtout une meilleure qualité de l’air, des chaussées plus sûres, des itinéraires protégés pour des cyclistes quotidiens, des circuits plus courts et équitables pour l’alimentation et un contrôle constant des effets sur l’environnement des décisions à prendre. C’est une grosse responsabilité pour ce parti s’il veut confirmer son score aux régionales, aux fédérales et aux européennes de mai prochain. L’Echo interroge:  Les écologistes pourront-ils transformer « le signal de l’électeur » en prise de pouvoir? Quelle sera la durabilité de ce rebond vert ? Dans son édito, Le Soir y voit un avertissement aux partis traditionnels.

Le virage à droite et le populisme annoncés ne se sont donc pas confirmés. Le nationalisme prôné par la N.VA n’a pas séduit l’électeur bruxellois manifestement plus mûr et plus prudent que les politologues et les sondages ne l’envisageaient.

Mon billet sur les réactions rapides de Paris et de Tokyo suite aux canicules était programmé pour ce lundi, il paraîtra demain, en illustration de cette vague verte qui a déboulé sur notre Happy Monday.

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Non, il n’y a pas de planète B

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« On peut parler de possible fin du monde «.  Aurélien Barrau, un astrophysicien de renom, qui a signé la pétition de 200 personnalités, dont je vous ai parlé récemment, a enflammé les réseaux sociaux avec un discours lucide et saisissant – repris par La Libre – sur le réchauffement et la responsabilité de l’humanité dans sa propre destruction. Il ne s’agit plus ici du futur de Bruxelles, mais du futur de notre planète.

Cela fait depuis hier que je me demande ce qu’il faut que je vous dise en trois paragraphes à la lecture de la synthèse du rapport du Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) et des très nombreuses réactions lues dans la presse, dont je ne vous livre ICI qu’une sélection. Après la mise en garde solennelle du secrétaire général de l’ONU du 10 septembre, ce rapport peut se résumer ainsi: le changement climatique évolue beaucoup plus vite que prévu et le temps qui nous reste pour le limiter n’est plus que de 15 ans maximum. Trois jours plus tard, on n’en parle déjà plus. D’autres priorités reprennent le dessus, alors qu’elles n’auront plus lieu d’être si la maîtrise de l’évolution du climat, dont nous avons les moyens, n’est pas prise à bras le corps par les dirigeants politiques, par les financiers, par les industriels et par la population. C’est affolant et pour certains décourageant lorsqu’ils se demandent ce que nous laisserons à nos enfants.

Si Merkel et Macron veulent accélérer le mouvement, si l’Europe les suit ou les précède, la Chine, l’Inde ou l’Australie pourraient bien suivre. Les pays les plus riches du monde sont les premiers responsables de la crise climatique et ce sont les pays les plus pauvres et les populations et communautés les plus vulnérables en ressentent les effets les plus graves. Mais il va falloir que chacun de nous accepte, de bon gré, de renoncer à une part non négligeable de son mode de vie, accepte une perte de confort ou de liberté, s’il veut éviter pour lui et la génération à venir, des épisodes caniculaires qui iront jusqu’à nous empêcher de sortir de chez nous, comme décrit dans ce  bref extrait. Il va falloir tenter de vivre mieux avec moins, avec d’autres indicateurs de bonheur que le taux de croissance. Je vous raconterai lundi comme Paris et Tokyo ont réagi plus vite que nous à la canicule qu’ils ont connue cet été.

Photo La Libre

Un permis de polluer pour la police

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Le combat annoncé pour un air plus respirable à Bruxelles vient de commencer avec la Low Emission Zone. Si certains contestent ces mesures qui pénalisent les moins nantis et favorisent l’industrie automobile, d’autres se sont réjouis de voir les véhicules diesel les plus anciens interdits de circulation dans la ville, en espérant une amélioration de l’air qu’ils respirent. Ils vont devoir quelque peu déchanter en découvrant d’étranges dérogations.

Alors que tout automobiliste encourt depuis le 1er octobre une amende administrative de 350 euros s’il circule avec un véhicule diesel interdit, les quelques 550 véhicules trop polluants de la police fédérale vont pouvoir continuer à circuler à Bruxelles sans être sanctionnés. La police fédérale se dit résolue à acheter des véhicules moins polluants, essence, voire hybrides, mais les procédures sont lourdes et longues …

Alors que le contribuable qui ne peut remplacer sa vieille voiture doit payer 350 euros d’amende, Florent Platteeuw du syndicat de police SLFP, entend ces promesses, mais affirme dans La Libre« C’est quand même incroyable. L’État oblige les citoyens à moins polluer mais ne fait rien par contre pour ses propres véhicules. »

Voterez-vous pour des gens ? 

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Rien ne sert de protester si on ne vote pas. Nous irons donc voter dimanche.
Aux élections communales les enjeux ne sont pas les mêmes qu’aux régionales, aux fédérales ou aux européennes. Aux communales nombre de Bruxelloises et de Bruxellois votent pour des gestionnaires, plutôt que pour des partis. Pas obligatoire de voter case de tête (1) au profit de candidat.e.s placés dans l’ordre établi par le fameux Poll de chaque parti (2), parfois au prix de longs marchandages internes. Chaque électeur a le droit d’octroyer sa voix à la candidate ou au candidat à qui il fait confiance, qui lui semble le plus apte à gérer la commune et il a même le droit de cocher le nom de plusieurs candidat.e.s, mais à l’intérieur d’une même liste. Le panachage sur plusieurs listes n’est pas possible.

A titre d’exemple – et sauf surprise – à Bruxelles Ville, les citoyen.ne.s auront pour bourgmestre Philippe Close, Alain Courtois ou Fabian Maingain. Qui de ces trois est le plus apte à gérer la Ville ? C’est à cette question que seront confrontés les votants, au-delà du parti auquel appartiennent ces candidats. A Schaerbeek, qui va prendre le risque de ne pas voter pour un Bernard Clerfayt – quel que soit son parti – alors qu’il a singulièrement relevé cette commune qu’il a sauvée du « nolsisme » ? Et il y a d’autres exemples. Bien sûr, les jeux ne sont pas faits et le jeu des alliances – voir des accords préélectoraux secrets – peuvent déboucher sur des nominations de bourgmestre qui ne correspondent pas au choix des électeurs. En Wallonie, c’est le parti qui a récolté le plus de voix qui désigne comme bourgmestre le candidat qui a récolté le plus de suffrages. Un système sans doute plus respectueux du choix de l’électeur. Deux Belges sur trois veulent pouvoir choisir directement leur bourgmestre (3).

Le cumul n’étant toujours pas interdit, il est sans doute opportun de se renseigner sur les intentions des personnes qui convoitent vos suffrages. S’ils sont élus et deviennent échevins ou bourgmestre, le seront-ils à temps plein ou à mi-temps, en cumulant cette responsabilité avec d’autres charges ? Ou céderont-ils leur écharpe à un colistier ?

(1) Une explication détaillée peut être trouvée dans l’excellent petit « Vocabulaire politique » rédigé par le CRISP : http://www.vocabulairepolitique.be/case-de-tete/
(2) Sauf le parti Plan B qui tire les places au sort
(3) Le Soir – Grand baromètre: deux Belges sur trois veulent choisir directement leur bourgmestre. L’article est ICI

Happy Monday: écoliers et cyclistes pour un air pur

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La semaine dernière, plus de 500 enfants de 9 écoles – tous réseaux confondus – se sont réunis sur la place communale de Molenbeek pour réclamer en chanson des mesures rapides pour améliorer la qualité de l’air autour de leurs écoles à l’initiative de Filter Café FiltréLe vendredi 8 juin déjà, 53 écoles bruxelloises avaient barré la route devant leurs établissements. Ce dimanche, BX1 et Bruzz annoncent  que les écoles ont mené plusieurs actions de clôture de leur mois de protestation, avec notamment un débat réunissant Philippe Close (PS), Pascal Smet (SP.A), Ben Weyts (N-VA) et le professeur Eric Corijn. C’est pour exiger une meilleure qualité de l’air et une autre mobilité que près de 700 cyclistes, venus d’Anvers,  se sont joints aux écoles avant de rejoindre le premier festival Revolution’air au Cinquantenaire.

 « La qualité de l’air extérieur est ‘médiocre, inacceptable ou mauvaise’ dans 61% de 222 écoles sondées en Belgique« , peut-on lire dans le rapport de Greenpeace. Le collectif demande que les rues où se trouvent les écoles soient définitivement fermées à la circulation et que la limite européenne soit de 20µg/m³ de NO2 (dioxyde d’azote) dans tous les établissements scolaires, contre 40 actuellement, vu la sensibilité plus élevée des enfants en pleine croissance.

La mauvaise qualité de l’air respiré par les enfants n’est pas une heureuse nouvelle, mais les réactions de plus en plus nombreuses des écoles, des parents et des enfants sont encourageantes et montrent la force d’une société civile dynamique qui entend faire pression sur une classe politique, souvent craintive face aux réactions de certains automobilistes et encore davantage à la veille des élections. Greenpeace en dit plus ICI et la RTBF ICI.

une photo de Bruzz qui y consacre encore un autre article